UN  BEL
HIVER...


Oui, ce peut �tre une belle fa�on de f�ter le passage du si�cle ! Passer de
bons moments en famille, debarrass�s d'une grosse pression et nantis de 31
points, rassur�s sur un avenir qui sera plus radieux que pr�vu, finir la
premi�re partie sur une note positive, voil� de bonnes raisons de battre Le
Havre !! Si on se penche sur les stats, on s'aper�oit que Sedan vient de
conc�der 2 matchs nuls de suite. Mais c'�tait contre Nantes et Auxerre, ce
qui explique les difficult�s � vaincre. La venue des havrais peut permettre
aux sedanais de renouer avec la victoire. D'un simple point de vue
comptable, les co-�quipiers de Pouget, qui sera suspendu pour ce match suite
� son expulsion contre Nancy, ne sont gu�re dangereux hors de leurs bases.
Ils n'ont en effet engrang� que 5 points � l'exterieur. Une victoire �
Strasbourg (alors au plus bas...) et 2 nuls, 1-1 � Bastia, et, plus
significatif, 3-3 � Saint-Etienne. Mais aussi seulement 7 buts marqu�s pour
21 (!) encaiss�s, ce qui en fait la plus mauvaise d�fense. Ils sont aussi
perm�ables � domicile, avec 10 buts. 31 buts, soit une moyenne de 1,63 par
match, et 2,1 � l'exterieur. C'est beaucoup... Et �a devrait compter pour
les ardennais. A eux de jouer avec leur qualit�s, leur g�n�rosit� et leur
allant habituels, et ils devraient pouvoir faire sauter le verrou mis en
place par l'entra�neur havrais. Car il y a de tr�s fortes chances pour que
les visiteurs, en position de rel�guables, et battus lors de leurs 3
derni�res sorties, se d�placent pour arr�ter l'h�morragie. 1 seul but
inscrit pour 7 encaiss�s, ajout�s � un jeu d�t�rior� et � beaucoup de
f�brilit�, voil� des raisons de resserrer les boulons. Attendons-nous donc �
un match tendu, avec, comme � leur habitude, des sedanais combattifs
d'entr�e et portant le jeu dans le camp adverse, en mettant la pression sur
les buts de S�bastien Hamel. Il para�t probable que les normands, aux abois,
et avec un urgent besoin de points, vont se renfermer et jouer tr�s bas.
Boumsong, Weber, De Neef, Lesage, Nalis et les autres vont se serrer les
coudes. La solution, dans ce genre de partie passe souvent par les m�mes
choses : de la percussion, du jeu excentr� et une sup�riorit� dans les
duels. Celui qui remporte la bataille physique peut s'imposer. Le facteur
important, hors du contr�le des �quipes, c'est aussi le terrain. S'il pleut,
comme lors du match contre Auxerre, les havrais seront les plus avantag�s, �
l'image des �quipes qui d�fendent. Il faut reconna�tre que la pelouse �tait
� la limite du praticable, grasse, lourde et boueuse. Les organismes sont
soumis � rude �preuve, cela va �tre un match d'hommes... Faisons confiance
aux sedanais, recemment mis � l'honneur (enfin... ) � la t�l�vision, pour
gagner cette rencontre, s'offrir les 3 points et passer l'hiver au chaud. La
r�gularit� avec laquelle les ardennais encha�nent les r�sultats peut passer
pour la partie la plus rassurante de leur parcours. Le seul accroc, contre
Metz, est une des p�rip�ties comme en vivent tous les clubs au cours d'une
saison. Le solide bilan � Emile Albeau est un gage de la bonne sant� du
club. La question suivante, c'est le mercato. Va-t-il se passer des choses �
l'inter-saison ? Le groupe a peu besoin (� priori) de renforts pour terminer
ce championnat, mais recruter d�s � pr�sent peut laisser aux nouveaux
arrivants le temps d'adaptation necessaire � une bonne int�gration. Et
preserver l'amalgame actuel... Et il est aussi question de d�parts pour
assurer la perenit� du club, en mettant de l'argent, beaucoup d'argent, dans
les caisses ? Quelle est la meilleure solution ? On parle de sommes (de
transferts) qui ressemblent � des budgets !!! Alors, o� est la verit� ? Elle
est sur le terrain, au moins jusqu'au match de ce week-end...

Dans les autres matchs de la soir�e, deux rencontres entre �quipes
ambitieuses retiennent en priorit� l'attention. Il s'agit en premier d'une
confrontation entre Auxerre (4eme) et le PSG (2eme). Auxerre, qui vient de
conc�der 2 nuls et 1 d�faite, a eu du mal � dig�rer sa victoire � Marseille
lors de la 16eme journ�e. Paris, de son c�t�, reste sur 4 victoires, dont 2
obtenues � Montpellier et Metz. Nul doute que l'Abb� Deschamps va retrouver
des couleurs pour ce match de gala. Une interrogation d'importance, c'est
l'�tat d'esprit des parisiens apr�s l'annonce du non-renouvellement du
contrat de Lama. La fin d'une �poque ? Ou le d�but d'une "autre" avec le
retour de Luis Fernandez aux commandes du club parisien ? Il semble de plus
en plus probable que l'ancien entra�neur du PSG puisse se rapprocher de son
club de toujours. Mais d�s la saison prochaine, ou � la fin de son contrat
avec Bilbao ? Et, en cas de retour aux sources, � quel poste ? Entra�neur ou
Manageur ? Peut-on remplacer Philippe Bergeroo s'il continue avec les m�mes
excellents r�sultats ? Et si Luis r�ussissait un contre-pied absolu en
prenant la succession de... Bernard Lacombe ? Et revenait ainsi dans sa
ville d'origine ! Nul doute que toutes ces interrogations font partie des
discussions entre agents et joueurs, en vue des discussions de contrat pour
l'ann�e prochaine. Donc, �a influe forcement sur les t�tes des parisiens, en
plus de pouvoir cr�er une scission entre "pro-lama" et "indiff�rents". Un
dr�le de match, de toutes fa�ons, en perspective. Et pas de vainqueur qui se
dessine nettement, m�me si Paris ne voudra pas laisser filer Monaco, plus �
l'aise en recevant Montpellier. Nous y reviendrons. Les deux autres
ambitieux de d�but de saison qui s'affrontent, ce sont Bordeaux et Rennes,
au Parc Lescure. Bordeaux est � la peine et souffre pour ne pas sombrer
lentement dans l'anonymat du ventre-mou du championnat. Rennes, un moment
revenu tr�s fort gr�ce � une s�rie de matchs sans d�faites, est redescendu
en milieu de tableau � la d�faveur de ses revers � Paris (1-0) et contre
Lyon (1-2). Une victoire et l'espoir rena�t, une d�faite et les regards se
tourneront vers le bas (!) du classement, avec la peur de voir revenir le
quatuor du nord/est, compos� de Metz, Strasbourg, Nancy et Lens. Sans
oublier Nantes. Du spectacle en perspective, certes, mais de quel acabit ?
En haut du tableau, Monaco re�oit Montpellier, qui, comme toutes les �quipes
oppos�es cette ann�e � l'ogre mon�gasque, va souffrir le martyre. L'ASM de
Puel, meilleure attaque, meilleure d�fense, deux joueurs � 12 buts chacun
qui talonnent Sonny Anderson (Trezeguet et Simone), le meilleur passeur du
championnat (Simone, bis...) et la volont�, le talent, l'ambition... La
liste est aussi longue que le chemin de croix montpellierain !
Lyon est bien plac�, en embuscade, et semble avoir dig�r� l'�pisode
Dhorasoo. Le milieu lyonnais, un moment accus� de ne pas se livrer � fond et
"d'�viter les endroits chauds du terrain", je cite (le quotidien
Aujourd'hui-Le parisien) a d� faire le point avec son entra�neur et ses
co-�quipiers, et la victoire � Rennes a fait du bien. Metz va subir �
Gerland, mais les rois du match-nul n'abdiqueront pas facilement. Sans doute
voudront-ils effacer la d�faite face au PSG. Rien n'est jou� d'avance.
Une autre �quipe dont les joueurs sont accus�s de "d�mission collective" par
leurs "supporteurs", c'est l'olympique de Marseille de Bernard Casoni. M�me
si celui-ci essaie de minimiser les �v�nements actuels, il n'en reste pas
moins une �quipe qui est en plein doute et qui encaisse des buts � la pelle
!!! 3 � Feyenoord (qui joue une grande partie de la rencontre � 10), 5 �
Geoffroy-Guichard (dont 4 en 20mn!)... Hors, � Marseille, c'est tension
extr�me et permanante. Pas la meilleure mani�re de preparer la reception de
Lens. Des lensois qui viennent de frapper un �norme coup en Allemagne, en
match retour de la Coupe de l'UEFA. Et qui viennent de rechuter (cruelle
d�sillusion !) face � Nantes et Cav�glia, leur Messie. Et qui donc sont
regonfl�s � bloc, maintenant. Danger sur la Canebi�re, dans un climat qui
n'est pas encore explosif, mais qui est d�j� de crise.
Les deux derniers matchs, eux, vont �tre �prement disput�s.
Nancy-Saint-Etienne, c'est l'obligation pour les lorrains de prendre des
points. Face � des Verts en pleine confiance et en pleine r�ussite, �a ne va
pas �tre simple. Car en plus, les promus jouent, attaquent, attaquent et
attaquent encore, � l'exterieur comme � domicile. Ils vont �tre tr�s
difficiles � contenir. Peut-�tre les nanc�ens devraient-ils jouer comme au
Havre... en contre !!!
Strasbourg, en accueillant les �patants troyens, va certainement trouver �
qui parler. Les alsaciens vont mieux. Ils ont retrouv� une �me, et l'effet
Leroy semble avoir eu lieu. Ils ont repris confiance, et sont presque
m�tamorphos�s. Les troyens, eux, sont transfigur�s... S'ils avaient des
doutes concernant leurs capacit�s � jouer au plus haut niveau, ces doutes se
sont definitivement �vapor�s avec la victoire chez le voisin auxerrois.
Depuis, 2 nuls contre Rennes et Metz, et 2 victoires, contre Lyon et
Bordeaux. Avec la mani�re � chaque fois ! Et 2 buts par match !! Sladjan
Djukic, le buteur chauve, sourit... ;-)) Il encha�ne les actions les plus
belles avec les gestes les plus efficaces. Et �a paie. Quel r�gal !!! Le
vainqueur de cette rencontre va passer une tr�ve plus paisible.
Nantes, en recevant Bastia, se doit de gagner.1 seule solution : jouer comme
d'habitude et servir Cav�glia. Connaissant Cav�gool, il est remont� � fond,
et avide de marquer. Sevr� de comp�tition depuis le d�but de la saison, le
meilleur buteur fran�ais en activit� veut prouver qu'il a plus que des beaux
restes, � 31 ans. Les corses sont toujours aussi faibles � l'exterieur,
alors rien ne s'oppose r�ellement aux desseins des canaris. Bon courage, les
gars.

Voil�, c'est tout pour cette fois. Vous pouvez vous deconnecter et reprendre
une activit� normale. Atchao, bonne semaine.




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LE  COUP  DE  GUEULE

Cette semaine, un coup de gueule un peu particulier, puisqu'il va s'attaquer
� un probl�me qui minera certainement le football tel qu'on l'aime, et ceci
d�s le d�but du prochain si�cle. Ce probl�me, c'est un des effets pervers de
la mondialisation. Vous me direz : "mais quel rapport ?". Et je vous r�pond
que la mondialisation, c'est de l'�conomie, et le football, �a le devient,
et de "plus en pire". Tout a plus ou moins d�but� avec la cotation en bourse
de Manchester United.
Au commencement, dans les ann�es 50, il y avait vraiment peu de transferts,
les budgets �taient minuscules, et le recrutement souvent r�gional. Puis,
petit � petit, la concurence nationale, le prestige, et plus tard la
cr�ation de la Coupe d'Europe ont conduit � une adaptation du syst�me. Les
clubs se sont lentement structur�s afin de prosp�rer. Et, afin de ne pas
payer les joueurs trop chers, on decida de les former directement dans le
giron du club. Certains en firent m�me leur principale activit�, l'�quipe
premi�re et ses r�sultats n'�tant alors plus que le reflet de la politique
interne du club. La loi du march� prenait possession du sport et l'afflux
massif d'argent qui miroitait faisait saliver les magnats de la finance. Il
fallait investir, on allait donc injecter des doses massives de devises, et
tenter de faire des dividendes sup�rieures � celles des autres
investissements, et en un temps record. Le football quittait le terrain du
sport pour "investir" les sph�res brillantes de la Bourse. Et l�, ce n'est
plus de sport dont il est question. La finance est une guerre. Pour faire
une guerre et esperer la gagner, ils faut des hommes, de pr�ference �
envoyer en premi�re ligne, pendant que les g�n�raux restent bien � l'abri
dans leurs luxueux clubs (qui sont priv�s, ceux-l�...:-)). Ces hommes,
c'�taient des joueurs. Maintenant, guerre �conomique et profit aidant, ils
�coutent l'appel des sir�nes et deviennent des mercenaires. On ne parle plus
transfert pour jouer et s'�panouir sportivement, on discute salaire et
avantages pour signer. Combien de tr�s bons joueurs sont actuellement sur le
banc, pay�s plus de 500.000 francs par mois. D'apr�s mes estimations, qui
valent ce qu'on leur accorde et qui n'engagent que moi, ce sont pr�s de 50
(!!!) joueurs en Europe qui stagnent ainsi � chaque journ�e de championnat.
Soyons � peine �tonn�s si ces baroudeurs du football se contentent de
pousser le ballon et d'assurer le minimum syndical. Quel joueur habite
encore dans les m�mes quartiers que ceux qui viennent au stade ? Qui signe
encore des autographes, en allant chercher son journal ou faire ses courses
? Les gens sont devenus anonymes et les "stars" n'ont plus � croiser leurs
regards souvent lourds de reproches, apr�s des performances �quivoques.
Soyons � peine �tonn�s si, apr�s avoir construit l'Europe, on cr�e une
Super-league, sur le mod�le am�ricain. Le principe en est tr�s simple. On
prend les clubs les plus riches (surtout !) et les plus populaires (c'est
li� !) et on les rassemble en une seule f�d�ration. On cr�e deux
conf�rences, en tenant compte des inimiti�s, des d�sirs, et d'autres
facteurs aussi importants... Et on organise des rencontres, beaucoup de
rencontres tr�s m�diatis�es, donc tr�s lucratives. Peu importe le r�sultat,
il n'y a pas de sanctions sportives, de descente en division inf�rieure. On
cr�e �galement un syst�me de recrutement o� le plus "faible" peut se
renforcer (pour ne pas toujours �tre dernier) et entretenir l'espoir. Du
strass, des paillettes, un semblant de r�gles, beaucoup de battage et de
produits d�riv�s (joyeux merchandising...). De la belle poudre aux yeux,
donc...
Une sorte de fracture sociale, au niveau sportif. Si on peut encore parler
de sport. Qui paie ? Celui qui auparavant �tait cens� supporter ! Le quidam,
vous, moi, qui voyait un club et ses membres incarner un id�al, des valeurs,
une ville ou une r�gion !!! Je comprend la col�re des spectateurs de tous
horizons, de tous bords. Et je dis ATTENTION, lorsque je vois les r�actions
des marseillais apr�s la d�route face aux st�phanois. Ils se sont sentis
humili�s (je cite) par le comportement de certains joueurs, sens�s les
representer. La d�rive est proche ! Souvent, le fan admire et idol�tre le
joueur, le consid�re comme le grand fr�re qu'il aurait voulu avoir, ou le
copain id�al. Il s'identifie, encourage, vit par procuration. Petite
question : si les joueurs �taient plus proches, vraiment proches, de ces
fans, ces gens oseraient-ils faire ce qu'ils font et commettre de telles
exactions ? Non, ils souffriraient, tout simplement, pour deux, et
continueraient � crier pour soutenir et pousser de l'avant, pas pour blesser
et insulter... Est-ce vraiment � ce type de "sport" que l'on veut aboutir ?
Autre petite question, la derni�re... Et la "glorieuse incertitude du
sport", dans tout �a ?...



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En cas de gros probl�mes, mod�rateur : [EMAIL PROTECTED]
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