La trentième journée du championnat de France de Division 1 commence une fois de plus par de beaux discours prônant la non-violence et le respect dans les stades. Comme d�habitude aussi, ces belles paroles sont accueillies par un flot d�applaudissements au stade Louis Dugauguez. Malheureusement, ces phrases enchanteresses sont une fois de plus désavouées quelques instants plus tard et se découvrent dans toute la splendeur de leur hypocrisie. C�est pourtant un match calme qui débute à Sedan ce soir là. Puis, soudain, une pluie de cartons jaunes s�abat sur le stade Louis Dugauguez, tant du côté sedanais que du côté guingampais, cartons dont on ne comprend pas vraiment la cause d�ailleurs. Admettons�, nous n�avons d�ailleurs pas d�autre choix. Au retour des vestiaires, le jeu reprend ses droits pour quelques instants� pour quelques instants seulement car un penalty injustifié en faveur de Guingamp par un arbitre décidément désireux de se faire remarquer. Cette fois-ci, c�en est trop. Tout le stade clame sa fureur en évoquant les souvenirs d�un passé qui avait vu Sedan s�incliner en finale de coupe de France sur un penalty là encore imaginaire. Mais rien n�y fait. Ni les huées du public, ni les protestations des joueurs et de l�entraîneur, n�empêcheront l�erreur de triompher. Le penalty est tiré� et transformé. Le bilan est lourd. Très lourd même. Le but s�accompagne d�un carton jaune et des expulsions d�un remplaçant et de l�entraîneur sedanais pour contestation. Car il faudrait se taire. Surtout ne pas protester, car nous avons tort de toute façon. Le pouvoir est plus fort que la raison. Et si la raison tente de s�opposer, le pouvoir sanctionne terriblement. Alors il ne reste qu�à se résigner et à reprendre la partie. Mais l�arbitre de la soirée semble se plaire dans son rôle de héros d�une représentation qui prend de plus en plus des allures de bouffonnerie. Un joueur sedanais est bientôt « balancé » par un Guingampais pendant un arrêt de jeu. L�incident provoque un immense élan de rage dans le stade mais l�arbitre, lui, ne réagit pas, au mépris des belles promesses de non-violence prononcées il y a à peine plus d�une heure. Désormais, plus personne n�est dupe. On entend même des supporters guingampais ironiser : « L�arbitre est avec nous ! ». Sans doute désireux de faire taire cette rumeur criante de vérité, l�arbitre siffle alors un penalty à nouveau imaginaire, en faveur de Sedan cette fois-ci. Certains parlent d�un penalty de compensation. Cette expression n�a pas de sens. Sedan a perdu une mi-temps et les trois points de la victoire. Le penalty est transformé es scelle le rencontre qui ne ressemble déjà plus depuis longtemps à une partie de football. Au coup de sifflet final, c�est donc tout naturellement que le public « remercie » une dernière fois l�anti-héros de la soirée qui a gâché par son incompétence le plaisir de vingt-deux joueurs et de quinze mille spectateurs. L�arbitre est aussitôt entouré de plusieurs hommes chargés de la sécurité. Mais il n�y a rien à craindre. Sedan n�est pas Marseille. Sedan n�est pas Paris. Sedan n�est pas violent� peut-être a-t-il tort d�ailleurs. Peut-être Sedan devrait-il, pour bénéficier d�un arbitrage de qualité, faire régner la terreur comme tant d�équipes le font en toute impunité. Les arbitres demandent à être respectés, et c�est tout à fait compréhensible. Il leur faut donc être irréprochables et respecter donc de leur côté la règle fondamental de l�arbitrage : l�impartialité. Mais comme d�autres petits clubs, Sedan dérange. Car tandis que Paris et Marseille, enlisés dans leurs millions, se battent pour savoir lequel des deux est le moins mauvais, Sedan, lui, sans argent, avance vers l�Europe. Quel scandale pour tous ces clubs puissants, gonflés d�orgueil, qui se croyaient invincibles ! Alors il faut réagir à tout prix, empêcher du moins que Sedan n�accède à la Ligue des Champions. Alors on oublie l�arrêt des deux mains d�un défenseur lensois dans sa surface de réparation. Quinze jours plus tard, on ferme les yeux devant la violence d�un tacle qui condamne un joueur sedanais à au moins six mois d�absence. Et enfin, on nous inflige cette incroyable succession d�erreurs d�arbitrage au cours de la dernière journée de championnat. Ces preuves d�incompétence devraient faire rougir de honte l�ensemble du corps arbitral. Au contraire, il persévère dans sa médiocrité en offrant la victoire à Lyon face à Monaco sur un penalty délirant tant il est évident qu�il n�a pas lieu d�être. Mais Lyon est un club qui, lui, doit obtenir l�Europe. Je regrette d�avoir trouvé en D1 un arbitrage faussement impartial qui favorise en fait les gros budgets. Ainsi, on ne sanctionne pas Marseille pour les incidents du match Marseille � Monaco la saison dernière. Il faut en effet éviter à Marseille une relégation qui aurait pourtant été méritée. On accorde à Lyon un changement d�arbitre pour la rencontre Lens � Lyon alors que la demande avait été formulée par fax la veille du match. Au contraire, Sedan n�est pas exaucé alors qu�il demande simplement à jouer ses deux premiers matches de la saison à l�extérieur afin de terminer son nouveau stade. Mieux, on lui impose deux matches de suite à domicile aux sixième et septième journées du championnat. Mais il faut que les grosses équipes puissent bénéficier de deux matches à domicile au moment décisif de la saison (c�est le cas pour Lyon, Paris et Monaco). En Coupe d�Europe, il est ainsi possible de marquer de se moquer de l�arbitre en marquant un but de la main sans être sanctionné lorsque son club porte le nom prestigieux de Réal de Madrid. Il va sans dire que ces pratiques nuisent aux principes du football et du sport en général. Mais sans doute cherche-t-on à ce que les petits clubs empruntent aux plus riches ce qu�ils ont de plus exécrable : la violence. ___________________________________________________________ Do You Yahoo!? -- Pour dialoguer en direct avec vos amis, Yahoo! Messenger : http://fr.messenger.yahoo.com ---------------------------------------------------------------------- En cas de gros problèmes, modérateur : [EMAIL PROTECTED] ----------------------------------------------------------------------
