Le 26/07/2026 à 12:21, Stéphane Rivière via frnog a écrit :
C'est ce que dit Gaël Musquet depuis un moment, il a expérimenté les
moyens radio d'urgence en Guadeloupe notamment.
Intéressant :)
Le contenu de l'article est très juste !
Pour avoir habité en Guadeloupe puis surtout Martinique, il y a sur
place beaucoup de bonnes volontés motivées par les risques naturels
(tempêtes cycloniques, cyclones, tremblement de terre, volcanisme
explosif). Les radio amateurs ont une branche d'activité appelée
l'ADRASEC (Fédération nationale et associations départementales des
radioamateurs au service de la sécurité civile), capable de mobiliser
des radioamateurs pour les comms ou les services d'urgences. Les
associations départementales métropolitaines fonctionnent plus ou moins
bien, c'est selon les bonnes volontés locales et le comportement de la
préfecture.
Question: as-tu des exemples des moyens mis en œuvre ? Ca ressemble à
quoi ?
En Martinique, nous étions financés essentiellement par la DGAC
(aviation civile), avec obligation pour l'Agrume d'ouvrir ses mats et
shelters aux radioamateurs (si seulement ça pouvait être pareil en
métropole...). En conséquence de quoi on couvrait toute l'île, pourtant
montagneuse et tropicale avec les bonnes installations et fréquences,
nous assurions, en période cyclonique, les alertes météo quotidiennes
pour les navires sur une gamme d'onde appropriée (la Royale émettant
également, dans une bande peu pratique - plus basse - et de plus faible
portée) et nous assurions la localisation des balises de détresse
aviation VHF, plus d'autres services.
Le fait d'être une île loin de tout avait changé la perspective d'emploi
des radioamateurs bénévoles, non plus vus comme des clowns gênants mais
comme des experts dévoués.
Les antillais (dont on ne parle pourtant que lorsqu'il faut les
stigmatiser) sont des gens sérieux et qui ont le sens de la communauté.
C'était donc un grand plaisir d'être dans cette association composée de
personnels de différentes origines et milieux et pourtant vraiment soudés.
Quand je suis rentré en métropole, j'ai vraiment senti la différence. Ça
dépend alors beaucoup du département et des gens en place.
S'il faudrait voir les réseaux "mobiles" comme une "téléphonie sans fil
de masse" (pas d'offense) capable d'écouler des tonnes de communication,
parce qu'il y a plus de 70000 mats radios non secourus pour 85 millions
de SIM actives dans des bidules à écrans fragiles et batteries jamais
bien chargées. C'est une réussite extraordinaire. Ce réseau fait du
volume (et le fait bien), comme avant les centraux téléphoniques
temporels qui ont fait la téléphonie fixe moderne des années 80.
Toutefois, ni ce réseau, ni ses terminaux ne sont conçus pour les
communications d'urgence. Ni ses fréquences, ni son maillage, ni son
absence de sécurisation fonctionnelle ne sont adaptés aux usages de la
protection des citoyens.
Mais les politiques locaux et autres lécheurs de préfecture veulent voir
des images en live des interventions, bien au chaud au QG de la préf ou
au COG (GN) ou CIC (PN), en mode 'Minority Report' donc la LTE s'impose
avec, par exemple, mais pas que, l'application pour smartphone 'PC
STORM' et la déjà célèbre 'poire' dentbleue, ayant sa propre
alimentation (mais si... ça va bien se passer) qui sert de micro déporté
(entre autres) aux personnels de terrain.
Un exemple de ce solutionnisme technologique, centré sur la PPP, le
document est assez ancien (plus de 5 ans) mais révélateur de la
mentalité 'Parisienne' (pas d’offense à nouveau, je suis né à Paname),
très éloignée des contingences provinciales : https://
www.prefecturedepolice.interieur.gouv.fr/sites/default/files/Documents/
Liaisons_125_Police_2.0.pdf - Vous constaterez l'infinie débauche de
moyens, eu égard aux quelques Canadairs qui ne sont pas commandés depuis
une décennie pour le reste du pays, sans compter des moyens terrestres
toujours en dessous du nécessaire pour les pompiers...
Un autre exemple, assez frappant, car cette leçon n'a visiblement pas
servie, est la réalité du réseau actuel INPT (Acropol /Antarès), qui
représentait déjà une dégradation sensible des communications de secours
par rapport au système historique analogique des années 90 : http://
www.suptraining.fr/pdf/r15-3651.pdf
Un rapport sénatorial au vitriol, il y a 10 ans. Un système coûteux,
couvrant mal et peu fiable, mal dérivé du Rubis de la Gendarmerie, ayant
entraîné des morts chez les pompiers (défaut de communication en feux de
forêts) et autres absurdités d'une inadéquation entre le produit et la
réalité et une absence de communication entre les décideurs et les
utilisateurs.
Est-ce qu'on peut imaginer que le déploiement de ce RRF se fasse sur des
mats d'opérateurs ce qui leur demanderait d'améliorer la résilience de
tous les réseaux mobiles (éléc et FH) ?
Est-il envisageable que lorsque les mats au sol soient HS est-il
possible qu'un moyen aérien soit utilisé ?
Jérôme
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Jérôme Marteaux
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