648 voix contre sur 680...
Une écrasante victoire du NON !

Ci dessous, un article de V. Leblanc, correspondante
à Strasbourg du journal "La libre Belgique", relatant
le rejet par le parlement européen des dispositions
que voulait, imposer le Conseil des ministres ...

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Par Véronique LEBLANC:

Fin de course pour la directive «brevets des logiciels»
Pas de bouleversement: les logiciels restent sous la protection du droit 
d'auteur.

C'est fini! La directive sur la brevetabilité des logiciels vient de sombrer, 
frappée à mort par le Parlement européen. C'est en effet par 648 voix sur 680 
que les eurodéputés ont décidé, ce mercredi, du rejet pur et simple de la 
position commune soumise par le Conseil des ministres. On en reste donc à la 
situation actuelle, qui met les logiciels sous la protection du droit 
d'auteur.

A ce vote écrasant, deux explications. L'une est d'ordre institutionnel. Les 
eurodéputés qui avaient largement amendé le texte en première lecture n'ont 
pas apprécié que la Commission et le Conseil leur resservent un texte 
inchangé. Pas question de faire semblant de rien, ont-ils dit en substance en 
envoyant par le fond une directive qui ignorait superbement leur point de 
vue. L'autre est pragmatique. Le Parlement était divisé moitié/moitié face 
aux amendements proposés sous l'égide du rapporteur, le socialiste français 
Michel Rocard. Celui-ci, soutenu par différents groupes politiques, les avait 
voulus à la fois acceptables par les Etats membres (plutôt pro-brevet mais 
divisés) et suffisamment protecteurs des intérêts des PME, qu'une 
brevetabilité trop large aurait mises en péril.

Ces amendements, suffisants pour certains, n'allaient pas assez loin pour 
d'autres et aucun des deux camps n'était assuré de remporter la majorité 
nécessaire soit pour les faire passer, soit pour les rejeter et en faire 
adopter d'autres, plus draconiens. Au bout du compte, tout le monde craignait 
de se retrouver avec le texte de départ dont plus personne ne voulait. La 
conclusion logique a donc été qu'il valait mieux pas de directive qu'une 
mauvaise directive.

Pour le Belge Raymond Langendries, ce rejet est une bonne chose. Très sensible 
aux arguments des PME, qui n'auraient pas tenu le choc face aux coûts 
financiers entraînés par les brevets et voyaient se profiler des procès 
kafkaïens, Langendries précise que, de son point de vue, même si un jour 
l'Union se dote d'une législation générale sur les brevets, il faudra que les 
logiciels en soient exclus. Pour l'heure, le Parlement espère que l'Office 
européen des brevets (institution intergouvernementale mais non 
communautaire) tiendra compte du vote de ce mercredi et «cessera de breveter 
des logiciels par la petite porte», selon le mot d'une eurodéputée verte qui 
s'est irritée de la tendance insidieuse qu'avait l'Office en question de 
s'emparer d'un secteur ressortissant du droit d'auteur. Par son vote, le 
Parlement a aussi pointé du doigt ces pratiques et espère y mettre un frein. 
Selon Michel Rocard, le travail d'analyse et de proposition mené ces 
dernières années autour de la directive n'a pas été inutile. Les idées, les 
points de vue ont été largement brassés et, même avorté, ce texte a servi à 
constituer un cadre de réflexion qui pourra resservir. Si le Parlement le lui 
demande expressément, la Commission pourrait en effet faire une nouvelle 
proposition.

 © La Libre Belgique 2005



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