Marée noire sur la vie privée 
Thomas Le Bonniec

[segnalazione di Mario Guglielmetti]

Une proposition de réforme du RGPD a opportunément fuité dans la presse la 
semaine dernière. Issue de la Commission Européenne, son contenu est comparable 
à l’effet d’une marée noire sur l’environnement numérique. Les dégâts qu’elle 
causerait auraient des effets dévastateurs, parfois invisibles, et sans doute 
irréversibles pour l’ensemble des habitants de l’UE.

Vie privée, autonomie, démocratie

Préfaçons tout de même ce billet avec l’affirmation suivante : la vie privée 
est l’affaire de tous. Malgré la désaffection et et le sentiment généralisé 
d’impuissance que génère ce sujet, il est central pour la démocratie et pour 
votre autonomie (oui, la vôtre, vous qui me lisez).

« Pourquoi ? Je n’ai rien à cacher ! »

Eh si ! Le contenu de vos poches et de votre téléphone ne sont pas constamment 
affichés devant vous et accessibles à tous les passants. Il y a une raison à 
cela : vous devez avoir le choix des informations que vous partagez, et avec 
qui.

C’est l’un des principes entérinés dans la charte des droits fondamentaux de 
l’Union Européenne, à l’article 8, et la clé de voûte du Règlement Général pour 
la Protection des Données (RGPD), surtout connu pour les horribles barrières de 
consentement que l’on trouve partout, y compris chez Médiapart.

Le RGPD, donc, est censé proposer un équilibre entre l’intérêt économique des 
entreprises, la libre circulation des données, et le droit fondamental des 
individus, le droit à disposer de soi-même et par extension de ses données 
personnelles – précisément parce que les données, dans ce monde numérisé, ont 
un effet majeur sur les dispositions de soi et d’autrui.

Prenons un exemple au long cours. Récemment, une enquête co-publiée par Le 
Monde et Netzpolitik (entre autres) montrait comment il était possible de 
suivre à la trace des hauts responsables politiques, militaires et 
administratifs à Bruxelles.

Rien de plus simple : il suffit pour ce faire d’acheter des informations 
permettant de vous géolocaliser chez un courtier de données, qui les a lui-même 
acquises à l’un des nombreux intermédiaires qui les collectent auprès des 
applications et sites web que vous fréquentez.

La CNIL avait réalisé une expérimentation similaire en 2022, et c’est un fait 
connu depuis au moins 2013 : il suffit d’un petit nombre de données à croiser 
pour réidentifier facilement une personne.

Ce constat avait d’ailleurs amené l’Irish Council for Civil Liberties (ICCL) à 
publier des rapports alarmants en 2023, insistant sur la « crise de sécurité » 
qu’impliquait l’existence d’un tel système, qui permettrait non seulement de 
suivre à la trace des cibles spécifiques, mais également de leur envoyer des 
publicités « micro » ou « nano » ciblées : qui ne visent qu’un tout petit 
groupe d’individus, voire une seule personne.

Est-ce que ça commence à vous rappeler quelque chose ?

En effet : c’est le scénario des élections américanes de 2016 et du Brexit, 
entachées plus tard par le scandale « Cambridge Analytica » révélant qu’une 
organisation avait pu collecter des données en masse pour tenter de modifier 
les comportements électoraux des votants. Le consensus à l’heure actuelle est 
que cette affaire a réussi et que les services de renseignement russes, de même 
que les « stratèges » de la campagne de Donald Trump s’y sont essayés avec 
succès.

Maintenant que ces bases sont posées, revenons à mon propos initial. La réforme 
proposée du RGPD est une catastrophe. Ce n’est pas mon analyse, mais comme 
diraient les Dupondt, je la partage.

La marée noire

Je vais principalement me référer ici à quelques clés de lecture proposées par 
Noyb et son directeur, Max Schrems, qui sont à l’origine de décisions de la 
Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) très importantes, surnommées 
Schrems I et Schrems II.

Celles-ci établissent que les Etats-Unis n’offraient pas de protection des 
données adéquate aux Européens : en bref, cela revient à reconnaître que la NSA 
peut tout savoir de vous si vous avez un compte Facebook, et que ça n’est pas 
conforme au droit européen. Ce qui est déjà un bon début1.

Cette nouvelle réforme du RGPD remet en cause tout l’appareil juridique relatif 
aux données personnelles, en Union Européenne. Elle prévoit notamment :

De présumer que la collecte de données (massive) pour l'entraînement et l'usage 
de systèmes d'IA relève de l' "intérêt légitime". Pour résumer, cela revient à 
entériner un régime d'exception pour les géants du numérique, qui se 
retrouveraient exemptés de toute obligation vis-à-vis des personnes dont les 
données sont ainsi traitées et collectées.

De fortement limiter la définition des "données personnelles" et des "données 
sensibles", ainsi que la possibilité d'exercer le droit d'accès permettant aux 
personnes concernées de savoir si leurs données sont traitées et à quelles fins.

de généraliser les prises de décision automatisées sans possibilité 
d'opposition pour les personnes concernées (comme le permet l'article 22 du 
RGPD jusqu'ici)

En résumé, nous explique Max Schrems, il s’agit d’« une dégradation 
considérable de la vie privée des Européens, dix ans après l'adoption du RGPD 
», qui pourrait même entrer en conflit avec des décisions issues de la CJUE 
portant, par exemple, sur une définition extensive des données personnelles – 
par exemple sur les « pseudonymes » et autres identifiants permettant 
d’identifier un profil utilisateur ou commercial, sans être immédiatement 
reliés à un nom2.

Cette réforme irait même à l’encontre de la charte des droits fondamentaux, car 
en limitant, voire en empêchant carrément l’exercice des droits, notamment le 
droit d’accès (article 15 du RGPD), elle prive les citoyens européens d’un 
recours effectif pour contrôler leurs données personnelles.

Le prétexte ici serait que certains « abuseraient » de ces droits, soit parce 
qu’ils s’en servent trop (quelle drôle d’idée), soit parce qu’ils les utilisent 
pour collecter des preuves afin d'attaquer en justice les organisations 
responsables de traitement.

L’argument qui me semble le plus pertinent ici – toujours repris de Noyb – est 
que ce n’est pas un droit annexe : il n’a pas à être limité ou justifié. Vous 
pouvez vous en servir pour ce que vous voulez3.

C’est l’une des bases qui permettent, par exemple en cas de litige avec votre 
employeur de rééquilibrer (un peu) la situation en vous donnant accès à des 
informations que vous n’auriez pas autrement. Ça s’est vu avec Uber, par 
exemple.

Le détail de l’analyse de Noyb est accessible ici (en anglais). Mais plutôt que 
répéter maladroitement leur argumentation, je voudrais préciser pourquoi, à mon 
avis, c’est encore plus grave qu’il n’y paraît.

En raison du contexte politique d’abord. En raison du contexte économique 
ensuite. Et cela dessine une situation d’incurie totale au niveau de la 
Commission Européenne.

Perdre est une question de méthode

La protection des données en UE, c’est une situation déjà très compliquée pour 
les individus. Faire valoir ses droits, réussir à obtenir des sanctions, ça 
relève du parcours du combattant4.

On peut considérer, comme Noyb, que l’application du RGPD est extrêmement 
limitée et insuffisante et que le taux de sanction est ridicule : 1,3 % par 
rapport au nombre de plaintes en UE.

On peut estimer, comme la Quadrature du net, que la CNIL est « démissionaire » 
et coupable de «laisser-faire », notamment en ce qui concerne le contrôle des 
administrations et de l’État.

La Quadrature reproche – à juste titre –à la CNIL d’approuver des propositions 
de loi relatives à la vidéosurveillance algorithmique, à des expérimentations 
sur la reconnaissance biométrique,ou encore à la surveillance par drones, et de 
se contenter d’ « avertissements » lors de violations graves à la vie privée.

Comme par exemple celle dont s’est rendu coupable Stanislas Guérini pendant le 
mouvement contre la réforme des retraites, le 26 janvier 2023. Alors ministre 
des comptes publics, Guérini avait décidé d’envoyer un courriel sur les 
adresses personnelles de 2 millions d’agents de la fonction publique pour faire 
de la propagande politique5.

Paradoxalement, depuis son entrée en vigueur, le RGPD a servi à prononcer un 
certain nombre de sanctions au montant très élevé : 1,2 milliards d’euros à 
l’encontre de Meta en mai 2023, 746 millions contre Amazon en septembre 2021, 
525 millions contre Google en septembre 2025, etc.

On peut aussi penser à une sanction d’Amazon France Logistique en 2023, de 32 
millions d’euros prononcée par la CNIL, pour une situation de surveillance 
abusive des salariés.

Par conséquent le gouvernement américain n’a cessé d’attaquer la législation 
numérique européenne depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, suivant la 
ligne des géants du numérique (Meta, Apple, Google, Microsoft) sur ce point. Le 
président américain l’a publiquement fait savoir à plusieurs reprises.
Notamment avec une publication sur son réseau social en août, où il écrit :


En tant que président des États-Unis, je m'opposerai aux pays qui s'en prennent 
à nos incroyables entreprises technologiques américaines. Les taxes numériques, 
la législation sur les services numériques et les réglementations sur les 
marchés numériques sont toutes conçues pour nuire à la technologie américaine 
ou la discriminer.
[ ...]
J'avertis tous les pays qui ont mis en place des taxes, des législations, des 
règles ou des réglementations numériques que, à moins que ces mesures 
discriminatoires ne soient supprimées, j'imposerai, en tant que président des 
États-Unis, des droits de douane supplémentaires substantiels sur les 
exportations de ces pays vers les États-Unis et instaurerai des restrictions à 
l'exportation de nos technologies et puces hautement protégées. L'Amérique et 
les entreprises technologiques américaines ne sont plus ni la « tirelire » ni 
le « paillasson » du monde. Montrez du respect à l'Amérique et à nos 
incroyables entreprises technologiques, ou envisagez les conséquences ! Je vous 
remercie de votre attention.

Ce ne sont pas que des rodomontades. Trump vise notamment le Digital Service 
Act, qui sert de base à l’Union Européenne pour envisager de sanctionner Elon 
Musk en raison de la désinformation qui circule sur Twitter.

Il accompagne en cela un lobbying forcené, celui de Meta par exemple. Son « 
président des affaires internationales », l’ex-politicien britannique libéral 
(libéraux-démocrates) Nick Clegg avait publié une lettre ouverte ouverte en 
décembre 2024 dans Le Monde déclarant que « les régulateurs avancent toujours à 
pas de tortue ». En fait, cette lettre exigeait surtout un régime d’exception 
pour l’IA et pour Meta.

Et Ursula Von der Leyen a cédé. Le tournant, c’est probablement lorsqu’elle 
rend visite à Trump dans sa propriété – un terrain de golf en Écosse – en 
juillet dernier. Von der Leyen, au nom de la Commission Européenne, avait 
annoncé une série d’investissements aux Etats-Unis : 600 milliards de dollars 
supplémentaires en échange d’une limitation de la hausse des droits de douane 
américains. Et bien évidemment, de la dérégulation en série.

Il ne faut pas pour autant dédouaner les libéraux autoritaires européens dans 
ce désastre. C’est le rapport Draghi pour la « compétitivité » appelant à tout 
déréguler, et ciblant explicitement le RGPD. C’est le gouvernement allemand de 
Friedrich Merz (conservateur, CDU), allié aux sociaux-démocrates (SPD), le seul 
à s’être prononcé récemment en faveur d’une « réforme » du RGPD. C’est aussi 
Henna Virkkunen, la vice-présidente de la Commission pour la « souveraineté 
technologique, la sécurité et la démocratie ».

L’ironie de son intitulé de poste ne m’échappe pas, à l’heure où l’UE effectue 
un travail de sape de l’intérieur, qui détruit précisément ces trois choses.


La bulle de l’IA

Pour conclure, ce n’est pas juste une capitulation en rase-campagne : comme le 
dit Marc Endeweld, l’UE est « en passe de devenir un protectorat américain ».

Par ces actions impérialistes, les Américains cherchent à neutraliser toute 
velléité d’indépendance numérique européenne, non sans contradiction : 
Washington accuse ainsi Bruxelles de discrimination tout en imposant un 
protectionnisme agressif et en excluant les acteurs européens de son marché 
(Cloud Act, Buy American Act, Inflation Reduction Act).

On assiste bien à une pression de plus en plus forte et coordonnée entre le 
gouvernement américain et les GAFAM. L’audition du 3 septembre à la Chambre des 
Représentants (« Europe’s Threat to American Speech and Innovation ») annonce 
le ton du discours politique ; de son côté, la FTC (La Federal Trade 
Commission) a encouragé les plateformes américaines à ne pas appliquer 
certaines exigences européennes du DSA (21 août) au nom d’un conflit avec le 
droit américain (Premier Amendement).

Face à cette offensive, l’Europe, fragmentée et dépendante, est mal préparée et 
ses réponses sont lentes. Résultat, fin août, la Commission européenne a décidé 
de différer une amende contre Google pour ne pas compromettre le paquet 
tarifaire euro-américain abaissant à 15 % les droits de douane US sur 
l’automobile européenne. Sous pression politique, Ursula von der Leyen a 
toutefois rétropédalé et Bruxelles a finalement annoncé le 5 septembre avoir 
bien décidé d’imposer une amende de 3 milliards d’euros au groupe dirigé par 
Sundar Pichai. Bien évidemment, Trump s’est fendu d’un nouveau message sur 
Truth Social : « L’Union européenne doit IMMÉDIATEMENT arrêter ces pratiques 
contre les entreprises américaines ».

Il me semble qu’on peut également y déceler les indices d’une compromission 
idéologique. Pas uniquement du point de vue du libéralisme autoritaire, mais 
également avec le technosolutionnisme promu par Sam Altman (PDG d’OpenAI), 
Sundar Pichai (PDG de Google), ou encore Dario Amodei (PDG d’Anthropic). C’est 
précisément ce que dit Von Der Leyen dans un discours de mai dernier :

Lorsque nous avons négocié l’actuel budget, nous pensions que l’IA 
n’approcherait la capacité de raisonnement d’un humain que vers 2050. 
Maintenant, nous nous attendons à ce que cela se produise l’an prochain.

Ceci a été signalé par Kris Shrishak, membre de l’ICCL (Irish Council for Civil 
Liberties, cité plus haut), qui explique dans une tribune publiée par EU 
Observer avoir demandé quelles étaient les bases scientifiques de ces propos. 
Voici ce qu’il en dit :

Surpris par cette affirmation, j’ai demandé à la commission de me fournir des 
documents l’étayant. Quatre mois plus tard, et uniquement après une 
intervention du médiateur européen,la réponse de l’exécutif européen m’est 
parvenue.

Celle-ci n’était pas fondée sur de la littérature scientifique. Au lieu de 
cela, la commission se référait à des dissertations et à des livres de PDG de 
la tech.

Les scientifiques et universitaires travaillant sur divers aspects de l’IA sont 
atterrés de voir la Commission européenne en proie à ce théâtre d’ombres et ont 
publié une lettre ouverte à la présidente faisant part de leur inquiétude.

Les dirigeants de l’UE ânonnent le discours marketing des PDG alors qu’ils sont 
responsables d’une dangereuse bulle financière, ce qui n’a rien de rassurant 
pour les citoyens et pour la communauté scientifique.

Je vais me permettre une digression rapide : cette attitude de la part de Von 
der Leyen me fait penser à Boris Johnson et à Bruno Le Maire.

Boris Johnson s’exprimait récemment sur ChatGPT, reconnaissant qu’il utilisait 
de l’IA pour écrire les livres qu’il signe. Il s’extasiait alors : « J’adore 
l’IA. J’adore ChatGPT. J’adore ça. ChatGPT est franchement fantastique. […] 
Vous connaissez la réponse mais ChatGPT dit toujours ‘oh vos questions sont 
intelligentes. Vous êtes génial. Vous êtes excellent. Vous avez de telles 
fulgurances.’ »

Et Bruno Le Maire disait à peu près la même chose en 2023 : « j’ai eu un 
discours assez intelligent, bien structuré, en exactement 5 minutes. Là où il y 
a vingt ans, il m’aurait fallu trois ou quatre heures ». On en arrive à se 
demander s’il n’existe pas un ensemble de caractéristiques sociologiques chez 
nos élus (Von Der Leyen, Le Maire, Johnson) qui permettrait d’expliquer cette 
incurie.

La Commission Européenne a complètement lâché le guidon sur l’IA ; elle avale 
le discours publicitaire et propagandiste des « tech bros », et comme le 
montrent d’autres politiciens (médiocres), ce sont une absence de culture 
scientifique et une ignorance volontaire qui sont à l’origine de sa politique 
relative à la technique. 

Mais reprenons, et concluons : ces propositions de dérégulation ne pourraient 
pas tomber à un pire moment. Il y a une bulle spéculative de l’IA, comme le dit 
Kris Shrishak. Elle existe, elle est même reconnue comme telle par Sam Altman. 
Et selon le journaliste Brian Merchant, sa dimension est telle que la crise des 
subprimes de 2008 ou la bulle des dotcom de l’an 2000 sont des naines en 
comparaison : 

L’IA pourrait ne pas être juste « une bulle », ou une énorme bulle. Ce pourrait 
être la bulle ultime. Celle que vous pourriez concevoir en laboratoire si votre 
objectif consistait à concevoir l’idéal platonicien de la bulle des tech. Une 
bulle pour les éclater toutes.

Cette proposition de réforme est non seulement contraire aux intérêts des 
citoyens de l’UE et de ses pays membres, mais en plus, elle arrive complètement 
à contre-temps, à la veille possible, voire probable, d’un ouragan financier de 
catégorie 5.

La voie de la « dérégulation », en fait une régulation plus favorable aux 
pollueurs, a été tracée avec l’« Omnibus » portant sur l’environnement, car Von 
der Leyen a désormais acté un changement de la coalition qui lui permet de se 
maintenir au pouvoir. La convergence des droites et extrêmes-droites, c’est en 
Europe et c’est maintenant.

Nous sommes face à une politique complètement à contre-temps de ce qu’il 
faudrait faire. En début d’année, le chancelier allemand avait déclaré qu’il y 
aurait des conséquences à l’interventionnisme d’Elon Musk qui avait tenté 
d’influencer les élections allemandes. François Bayrou avait mentionné une 
situation similaire dans son discours de politique générale de janvier 2025, 
semblant acter le fait que les Etats-Unis n’étaient pas des alliés de la France.

La réforme Exxon Valdez

On avait alors l’impression que l’UE se réveillait et se donnait enfin une idée 
de « souveraineté » numérique. Pourtant, la nouvelle directive Omnibus 
prétendant « simplifier » les lois européennes va dans le sens opposé.

Le 24 mars 1989, le pétrolier Exxon Valdez s’échoue au large de l’Alaska. Sa 
coque se déchire, provoquant l’épandage de 40 000 tonnes de brut, polluant 800 
km de côtes et tuant des centaines de milliers d’animaux marins. Trente ans 
plus tard, les conséquences s’en font encore ressentir non loin d’Anchorage.

J’ai pris la précaution d’expliquer rapidement pourquoi le droit à la vie 
privée est fondamental : si j’ai choisi la marée noire pour image, c’est parce 
que les effets délétères du capitalisme de surveillance et de la chaîne de 
production de l’IA sont véritablement comparables. À la fois sur les plans 
environnemental, social, économique, et politique.

Cette proposition de réforme du RGPD est un ballon d’essai, mais elle révèle 
déjà la direction que souhaite prendre une partie de la Commission Européenne. 
Si elle est suivie d’effet, les conséquences qu’elle entraînerait seraient 
semblables à celles d’une marée noire numérique.

Ce billet se conclut donc sur une invitation : écrivez à vos députés européens, 
signalez-vous auprès des ONG en leur faisant un don et/ou en vous inscrivant à 
leur liste mail (EDRi, la Quadrature du Net, Noyb), partagez ces informations 
autant que possible.

Il est encore temps de contraindre la Commission Européenne à rectifier le tir 
en ce qui concerne le RGPD. Vu le contexte politique, ce n’est ni une mince 
affaire, ni une petite victoire – et d’une lutte défensive, d’autres peuvent 
reprendre : car le RGPD est un vrai point d’appui pour les luttes offensives, 
et notamment contre l’exploitation des travailleurs et des consommateurs.

1Pour un compte-rendu plus détaillé des accords de transfert UE-US, un article 
écrit pour Elucid en 2023 : 
https://elucid.media/democratie/donnees-europeennes-schrems-privacy-shield-propriete-etats-unis

2« Les identifiants publicitaires en ligne sont en grande partie des 
identifiants aléatoires destinés à« identifier » une personne. Cependant, la 
personne peut ne pas être « identifiée »comme « John Smith » ; Même si tous les 
acteurs n'utilisent que des «

3Voir, pages 15 et 16, 
https://noyb.eu/sites/default/files/2025-11/GDPR_Reform_Draft_Analysis_v2.pdf

4J’en sais personnellement quelque chose : 
https://blogs.mediapart.fr/thomas-le-bonniec/blog/140323/le-schroedinger-de-la-protection-des-donnees-quand-ashley-gjovik-denonce-apple-1

5Mail dont j’ai été l’un des destinataires.


<https://blogs.mediapart.fr/thomas-le-bonniec/blog/121125/maree-noire-sur-la-vie-privee>

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