OGCN : un autre r�le pour Pablo !



Division 2 APRES NICE-LORIENT


On a laiss� le Ray, samedi soir, avec un gout de bouchon au fond du gosier.
Partag� entre les quelques images d'un OGCN tentant de mettre un syst�me en
place et de cr�er une nouvelle identit� et la d�ception du r�sultat (1-1),
la mani�re employ�e pendant... la derni�re heure, le positionnement de
certains joueurs.

Pourtant les co�quipiers de Jos� Cobos avaient fait le plus dur : ouvrir le
score rapidement et renvoyer le puissant Darcheville au vestiaire ! Le tout
en moins d'un quart d'heure.

Les supporters frissonnaient en attendant la suite. Elle n'allait jamais
venir malgr� quelques ruades plus orgueilleuses que bien construites ou
techniques.

Bruno Valencony ne le cachera pas. � Lorient nous a g�n�, nous a bouscul�,
nous a fait reculer. Derri�re, on a parfois �t� trop larges, on leur a
offert des espaces. Il faudra r�gler �a rapidement. �

Le capitaine Jos� Cobos va dans le m�me sens que son gardien. � On a surtout
manqu� deux ou trois balles de break avant leur �galisation. Notre regret
est l�. La d�ception aussi. On est tomb� sur une belle �quipe et je n'oublie
pas qu'on n'encaisse qu'un but sur un tir d�tourn�. C'est aussi dommage pour
le public encore nombreux et que l'on n'arrive pas � contenter. Pourtant, ce
n'est pas l'envie qui nous manque. �

Car tout d'un coup, le Gym s'est mis � boiter. A tourner en rond. A ne plus
trouver d'espace. A ne pas pouvoir aller dans le dos des lignes
lorientaises. A courrir apr�s un ballon que Lorient poss�dait toujours.

Assomm�s par le p�nalty de Rodriguez, les joueurs de Gourcuff ont refait
surface. En enfon�ant le clou, l� o� le Gym est encore le moins solide : sur
son c�t� gauche. Dans la zone d'un Argentin dont tout le monde sait qu'il
n'est pas un grand d�fenseur ni un grand coureur. Dans celle aussi de Ben
Haddou qui d�couvre le poste et qui doit donc b�n�ficier de toutes les
circonstances att�nuantes. Est-ce sa faute si Tchato, Marquet et Berville
quittent le club en m�me temps apr�s s'�tre march�s copieusement sur les
pieds la saison derni�re ? Est-ce sa faute si Ghidini, Verdi ou Shakpoke,
recrut�s pour �a, ne sont pas encore op�rationnels ? Certainement pas.
� Lib�rez Pablo ! �

Ce qui a saut� aux yeux de tout le monde, c'est que Sandro Salvioni reste
intransigeant dans le positionnement de Pablo Rodriguez. Coinc� contre la
ligne avec des taches bien pr�cises, le cr�ateur argentin est asphyxi�,
baillonn�, priv� de libert�. Et pour tout dire, il ne sert � rien dans ce
r�le. Ou le Gym lui donne les cl�s du jeu, la responsabilit� de la derni�re
passe dans l'axe, la possibilit� de marquer quelques buts en profitant du
travail de ses deux attaquants ou il faut chercher un autre � d�cathlonien �
pour aller et venir le long de la ligne de touche. On ne demande pas � un
pianiste de porter son instrument de musique mais d'en jouer ! On ne demande
pas � Pablo Rodriguez de d�fendre, de tacler, de bloquer un c�t�, de
surveiller les mont�es d'un lat�ral adverse, de se replacer.

Sandro Salvioni est trop intelligent pour ne pas le voir depuis trois
matches. � Je ne peux pas changer mon 4-4-2 en un 4-3-1-2 pour permettre
simplement � Pablo de s'installer dans le confort. Apr�s ce que le club a
connu, l'urgence est de retrouver un sch�ma, une solidit�. On r�glera les
d�tails ensuite. Mais il ne faut pas exg�rer, il ne lui est pas interdit de
se d�placer vers d'autres zones. �

De son c�t�, l'Argentin est triste. Frustr�. Malheureux. Comme un enfant
devant une vitrine de jouets mais qui ne peut pas entrer dans le magasin. Si
ce n'�tait pas excessif, on parlerait de � prison �. Dor�e ou pas, Pablito y
est enferm� et engonc� dans un costume bien trop petit pour son talent. � Je
respecte les choix de l'entraineur mais il faut qu'il comprenne que je ne
suis pas fait pour �a. Je veux lui prouver que je peux �tre plus utile en
travaillant dans l'axe pour le bien de l'�quipe. Pas pour moi, je ne suis
pas �goiste. Pour le groupe et pour gagner. Le long de la ligne, il ne
m'arrive que quelques ballons. Et quand je l'ai, je ne suis pas dangereux
car je suis trop loin des zones o� tout se d�cide. �

L'homme a envie de parler pour �vacuer un manque. Mais il est tellement
heureux d'avoir retrouv� la pelouse apr�s une longue blessure qu'il ne
cherche pas la pol�mique. Pas de bras de fer avec le coach italien. � Nos
int�r�ts sont communs. Si je suis bon, ce sera bien pour Nice et donc pour
lui. �

Dehors, les supporters qui l'ont longtemps attendu, lui disent de
s'accrocher, de serrer les dents, de lutter. Eux aussi, ont leur opinion
mais tiennent tant � le voir avec ce maillot rouge et noir. Entre eux et
Pablo, c'est le grand amour.

Les statistiques le prouvent : quand Pablo va, le Gym se porte bien. Quand
le � gaucho � a froid, le club tousse. A Wasquehal, dans le nord, comme �
Gueugnon il y a huit jours, il faudra trouver le bon rem�de. La potion. La
solution. La bonne carte.

Le pied gauche magique de l'Argentin ressemble trop � une baguette. Et on
n'a jamais vu un chef d'orchestre enferm� dans un coin...
Yves MERENS.

Lundi 14 Aout 2000


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