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milles excuses a ceux que �a d�range _____________________________ 4- L'avenir sordide du copyright ____________________________________________________________ Par Naief Yehya. La loi du Mill�naire des droits d'auteur, ou Digital Millenium Copyright Act (DMCA), ratifi�e en 1998 par le Congr�s des Etats-Unis, est � la fois simple et puissante. Elle vise � interdire l'usage de certaines technologies dans le but de contourner d'autres technologies cr��es pour la protection des droits d'auteur d'ouvres �dit�es sur tout type de support (audio, vid�o, livres). La simple adoption de cette loi a suscit� un changement violent de la mani�re dont les oeuvres prot�g�es de fa�on traditionnelle �taient utilis�es, c' est-�-dire qu'� la diff�rence de la lettre de la loi (qui tol�re un certain usage l�gitime des ouvres prot�g�es � fin de citation, de parodie ou dans un but �ducatif), cette technologie ne permet aucune ambigu�t� dans la mesure o� toute violation peut faire l'objet de poursuites. De plus, le protection offerte par la loi expire apr�s un certain d�lai, alors que le DMCA n'envisage pas de limites. Ce qui est prot�g�, ce n'est plus l'oeuvre elle-m�me mais les moyens de sa protection ; l'application de la loi d�pend par cons�quent de l' habilet� ou de la maladresse des programmateurs. Cette loi n'est pour l'instant applicable qu'aux Etats-Unis, mais il fallait s'attendre � ce que d'autres nations, sous la pression des grands trusts du logiciel et de l'industrie des loisirs, suivent cet exemple n�faste et que le DMCA se globalise. Avant m�me que les l�gislateurs ou le public du reste du monde n'aient pris conscience de son existence, cette loi s'est internationalis�e de fait voici quelques semaines lorsque le programmateur russe de 27 ans Dimitri Sklyarov a �t� arr�t� � Las Vegas au terme de sa communication � la conf�rence sur la s�curit� Def Con, E-Book Security : Theory and Practice. Le crime de Dimitri. Sklyarov travaille pour l'entreprise moscovite ElcomSoft, sp�cialis�e dans la r�cup�ration de passwords (mots de passe) et le d�veloppement de programmes concernant la s�curit� de l'information digitale (cette entreprise de vingt employ�s a offert ses services au gouvernement des Etats-Unis, � la CIA et m�me au FBI). Il y a quelque temps, ElcomSoft a mis en vente un programme con�u par Sklyarov destin� � permettre � son usager de contourner les restrictions impos�es par l'�diteur d'un livre �lectronique format� pour �tre lu par le truchement de l'eBook reader de la compagnie Adobe Systems Inc. Le lecteur eReader offre une option de lecture � voix haute, mais certains �diteurs imposent des restrictions � cette fonction, entre autres. Le programme de Sklyarov permet d'ignorer ces restrictions. Selon Adobe Systems, ce programme permet �galement de pirater les livres digitaux format�s exclusivement pour �tre lus par ses programmes. Cet argument a permis � Adobe Systems de demander au FBI d'arr�ter Sklyarov le 26 juin (en profitant de sa visite aux Etats-Unis pour la conf�rence en question), bien que ni lui ni aucun de ses coll�gues n' aient commis le moindre crime au regard des lois russes. Le site web de cette entreprise a �t� contraint de changer d'adresse � plusieurs reprises � cause du harc�lement incessant d'Adobe. Cette loi n'est qu' une manifestation suppl�mentaire de l'immense avarice et de la frustration ressentie par les entreprises qui refusent d'accepter un fait incontournable : que tout objet amplement distribu� par un circuit commercial est susceptible d'�tre d�mantel�. Ou, comme le note le professeur de Princeton Ed Felten : � On ne saurait qualifier de secret ce qu'on escompte envoyer dans les foyers de millions de gens �. De fait, tout logiciel peut �tre copi� ; comme le dit le cryptographe Bruce Schneier : � Les bits sont reproductibles par d�finition �. Le travail de Sklyarov et de tous les autres cryptographes consiste � d�chiffrer, transgresser et trouver les d�fauts des syst�mes de s�curit�. Ce travail est aujourd'hui sur le point de devenir un crime. De toutes fa�ons, Sklyarov est aujourd'hui d�tenu (et si les voux du minist�re public se r�alisent, il passera cinq ans derri�re les barreaux), vou� � servir d'exemple � tous ceux qui pensent, � l'instar des cyberpunks des origines, que � l' information doit �tre libre �. La strat�gie de la frustration. Le cas d'Adobe ne diff�re gu�re de la panique dont la Secure Digital Music Initiative (SDMI) a �t� r�cemment l'objet, un consortium de groupes li�s aux grands disquaires, charg� de la pr�vention de la piraterie de la musique digitale. SDMI d�veloppe des architectures destin�es � prot�ger des contenus ou des plate-formes non s�curis�es ; il a lanc� un d�fi, du 15 septembre au 8 octobre 2000, pour prouver l' efficacit� de son syst�me (il s'agissait de voir qui �tait capable de � casser � quatre syst�mes prot�geant des � marques d'eau � diff�rentes), d�fi qui fut relev� par un groupe de scientifiques dirig� par Edward Felten. Au d�part, l'�quipe de Felten disposait de moins d'informations que n'importe quel pirate, et elle a mis � mal les quatre technologies sans effort particulier. Sa conclusion fut que tout syst�me de protection audio pouvait �tre contourn�. Le rapport complet est disponible � : www.cryptome.org/sdmi-atack. La SDMI a menac� de poursuivre plut�t que d'assumer le fait que si un consommateur peut voir ou �couter des ouvres prot�g�es, il existe une technique pour les copier. L'attaque men�e par ce groupe d�note une attitude r�actionnaire et absurde, la tentative d'instaurer un r�gime obscurantiste � des fins mercantiles. Copier l'humanit�. Alors que de plus en plus de strat�gies technologiques et l�gales destin�es � prot�ger des produits commerciaux voient le jour, la singularit� de l'homme fait l'objet des plus violentes attaques technologiques. D'un c�t�, le d�chiffrement du g�nome a ouvert la possibilit� de le copier, et d'autre part le 26 juillet dernier les laboratoires d'AT&T ont annonc� qu'ils avaient d�velopp� un logiciel susceptible de reproduire � la perfection n'importe quelle voix humaine. Ce clonage des voix ajout� � l'apparition d'� acteurs digitaux � toujours plus r�alistes, tels les protagonistes du film Final Fantasy, pose la question de la protection des voix et des physionomies des stars ou de tout individu, susceptibles d'�tre exploit�es puis � un moment donn� consid�r�es comme obsol�tes par les grandes corporations. Naief Yehya, La Jornada Semanal. Traduction : Nicolas Fournier, traducteur b�n�vole [EMAIL PROTECTED] -- Zitoun de la Plaine http://perso.wanadoo.fr/rougon Electrotech http://webelec.waika9.com/ Ballade Moto http://perso.wanadoo.fr/etmaventure/ Social http://assolapyramide.free.fr/ ----------------------------------------------------------- Si vous souhaitez vous desabonner de la mailing list, envoyez un mail a l'adresse: <[EMAIL PROTECTED]> contenant dans le Subject: du message le seul mot "unsubscribe". -----------------------------------------------------------
