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Publié le 18 septembre 2009 à 15h41 | Mis à jour à 15h55 


«Ma grande crainte était de brûler vif dans l'incendie de la voiture»

 

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Adrian Glowacki a profité de l'occasion pour remercier une fois de plus ceux 
qui l'ont extirpé du tas de ferraille dont il était prisonnier.
Photo Patrick Sanfaçon, La Presse





Hugo Meunier
Cyberpresse

Une semaine après le carambolage spectaculaire qui a passé à un cheveu de lui 
coûter la vie, Adrian Glowacki, surnommé «le miraculé de l'autoroute 20», a 
rencontré ce matin les paramédics d'Urgence-Santé qui ont volé à son secours.
Des retrouvailles organisées à l'Hôpital général de Montréal, où se remet 
l'homme de 29 ans. 
Allongé sur son lit avec un bras fracturé dans le plâtre et quelques 
ecchymoses, difficile de croire que l'automobiliste s'est retrouvé coincé plus 
de deux heures dans une voiture littéralement broyée sous le poids d'un camion 
semi-remorque.
À son chevet, les paramédics François Chartrand, Cédric Legault, André Paulhus 
et le chef aux opérations Richard Leblanc semblaient tout aussi étonnés de 
constater que le conducteur s'en tire à si bon compte. 

Visionnez notre vidéo des «retrouvailles»
Dépêchés les premiers sur le tronçon montréalais de l'autoroute 20 après la 
collision, Cédric Legault et François Chartrand n'ont d'ailleurs pas eu le 
réflexe de se précipiter vers cet amas de tôle froissée pris sous un poids 
lourds, convaincus que si quelqu'un se trouvait dans cette carcasse 
entortillée, c'était trop tard.
Mais des automobilistes et autres personnes impliqués dans ce carambolage entre 
quatre semi-remorques et deux automobiles ont informé les paramédics que 
quelqu'un se trouvait à l'intérieur de cette Mazda encastrée sous le camion. 
François Chartrand s'est alors approché, avant de repérer l'homme piégé dans la 
tôle. «Ça me brûle dans la face», laisse tomber la victime.
Le paramédic n'en croit pas ses yeux. «Il est vivant! Il parle!», lance-il à 
son confrère Cédric Legault.
«Ben voyons donc...», réplique, bouche bée, ce dernier, avant d'entreprendre le 
sauvetage.
Un sauvetage qui allait s'étirer sur plus de deux heures pour extirper Adrian 
Glowacki de sa prison de tôle. «T'étais inatteignable, moulé et encastré dans 
la tôle qui a fait une sorte de bulle de protection autour de toi», raconte M. 
Chartrand.

 

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Un des conducteurs pris dans le carambolage est resté enfermé pendant plus de 
deux heures dans sa voiture coincée sous la remorque d'un poids lourd. Il s'en 
est tiré avec seulement une fracture à un bras.
Photo Armand Ohayon, collaboration spécialeM. Glowacki raconte les avoir trouvé 
longues, ces deux heures, durant lesquelles il avoue avoir perdu patience, mais 
aussi avoir bénéficié du support de ses sauveteurs. «Ça sentais la fumée, ma 
grande crainte était de brûler vif dans l'incendie de la voiture», admet le 
miraculé, d'une voix fatiguée. Durant sa captivité, le déversement de liquide 
refroidisseur dans son visage le fait souffrir. Son bras est coincé et 
entortillé, mais il parvient à sentir tous les parties de son corps. Il sait 
qu'il va survivre, mais dans quel état?
Tout juste avant l'impact, lorsqu'il a aperçu le poids lourd foncer vers lui 
dans le rétroviseur et l'autre camion immobile devant, il a eu le réflexe de se 
pencher. Un geste qui lui sauvera la vie. Sinon, il aurait été sectionné en 
deux.
Ce réflexe n'explique en rien la chance inouïe d'Adrian Glowacki, qui aurait pu 
être plus amoché par le violent impact.
Même le bon samaritain qui lui a tendu son cellulaire voulait sans doute lui 
permettre de faire un dernier appel avant qu'il ne soit trop tard, croit le 
miraculé. «Il pensait peut-être que j'avais peu de chances. J'ai appelé ma 
femme, je lui ai dit que je l'aime et de prendre soin de nos deux enfants», 
raconte M. Glowacki, qui habite dans le quartier Notre-Dame-de-Grâce avec sa 
famille.
Aujourd'hui, Adrian Glowacki s'estime chanceux de pouvoir dire à sa femme qu'il 
l'aime en personne et s'occuper lui-même de ses enfants.
Dans sa chambre d'hôpital, l'ambiance est décontractée. Au mur, l'horloge 
indique -à quelques minutes près- l'heure de l'accident, une semaine plus tard 
jour pour jour. «C'était une belle journée, il faisait chaud hein?», plaisante 
M. Glowacki, un ingénieur civil.
Malgré les blagues, les paramédics d'Urgence-Santé savent qu'ils ont partagé 
une expérience bouleversante avec M. Glowacki. Et savent aussi que les gens ne 
survivent pratiquement jamais à de tels impacts. «Même si on porte un uniforme, 
on est humain. Des expériences comme celle là viennent nous chercher, c'est 
éprouvant psychologiquement et physiquement», explique André Paulhus, un 
paramédic de l'équipe des soins avancés.
Adrian Glowacki sourcille lorsque ses anges gardiens lui racontent en détail la 
scène de l'accident. «Le pare-brise de ta voiture s'est plié pour se retrouver 
derrière toi», explique André Paulhus. «La plaque d'immatriculation du camion 
arrière s'est retrouvé à un pouce de ta tête», enchaîne François Chartrand. «Tu 
croyais t'agripper après le volant, mais tu tenais fermement l'alternateur», 
ajoute Cédric Legault.
Lorsque les paramédics quittent sa chambre, M. Glowacki, un sourire plaqué au 
visage, leur dit que cette visite lui fait chaud au coeur.
En retrait, sa mère semble flotter sur un nuage, après avoir pensé perdre son 
fils vendredi dernier. Le jour où il fêtait ses 29 ans en plus. Ce jour-là, il 
a reçu le plus beau cadeau qui soit. Celui de rester en vie.
                                          

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