> Ces deux livres sont certes très interessants comme documents 
> sociologiques sur 
> les Etats-Unis de l'époque mais en aucun cas sur la démocratie.
> 
> Tocqueville n'a pas compris (ou pas voulu comprendre) le concept 
Rousseauiste 
> d'"expression de le volonté générale" qui est la seule définition 
> cohérente de 
> la démocratie.
> 
> C'est dans cette oeuvre qu'il parle par exemple de "dictature de la 
majorité"
> (je ne me souviens plus où), ce qui démontre sont incompréhension.


Ce n'est pas vraiment comparable. Rousseau c'est de la théorie, de la 
construction mentale qui commence à bien sentir la naphtaline. Tocqueville 
c'est de la sociologie toujours actuelle. Et il est partisan de la 
démocratie. Son livre n'est pas une doctrine définissant la démocratie (et 
en cela il ne répond pas à la question de David), mais c'est un fabuleux 
observatoire scientifique de la démocratie mise en tube à essai. 
Tocqueville est un pragmatique, comme Machiavel (que je recommande aussi, 
loin de l'image sotte qu'on s'en fait). Après, c'est un vieux duel entre 
pragmatiques et idéalistes...

Par rapport à la dictature de la majorité, en réalité Tocqueville pointe 
du doigt l'inconvénient inhérent à la démocratie. C'est le fait que la 
majorité peut persécuter les factions minoritaires (qui sont en général 
toujours les mêmes). Tocqueville recommande donc de poser des garde-fous 
pour protéger les minorités. Voici qui est nettement plus subtil comme 
concept du respect de l'opinion de tous..

Pour ne pas m'écarter du thème de cette liste, je dirais que *De La 
Democratie En Amerique* est fondamental pour nourrir la pensée de Demexp. 
Car l'expérience démocratique, la construction communes des décisions 
politiques, c'est exactement ce qui est décortiqué sous tous ses angles 
par Tocqueville, avec des centaines de pistes à exploiter et à mettre en 
application.

Fabrice




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