Bonjour,
+ 1
Tout à fait d'accord avec Toussaint.
Marc.
Le 29/09/2026 à 16:20, Toussaint OTTAVI via frnog a écrit :
Le 29/09/2026 à 10:51, Ludmila Courtillat Piazza a écrit :
je ne sais pas si vous avez tapé nos noms dans un moteur de recherche
pour savoir que la résilience et les interdépendances
infrastructurelles étaient reliées à cette étude, mais effectivement,
c'est même le point de départ de nos réflexions !
Bah, non. Juste une expérience personnelle, et 30 ans de métier, qui
m'ont appris que, plutôt que de passer son temps à courir après les
pannes, il peut être plus plus pertinent de réfléchir en amont à la
meilleure façon d'en réduire le nombre ou les conséquences.
Comme déjà dit, je vis sur une île, où les réseaux sont globalement
sous-développés, même dans les plus grandes villes. Et je fais un
métier qui consiste à mettre en oeuvre des solutions chez des clients.
Quand cela ne fonctionne plus, les clients appellent (à juste titre).
Si ce n'est pas réparé dans des délais, ils râlent (à juste titre ou
pas), ou en tout cas, ils sont fortement pénalisés parce qu'ils ne
peuvent plus travailler. Parfois, ils souscrivent à des GTR 4h, et
s'imaginent que des techniciens vont se faire hélitreuiller chez eux
pour les dépanner dans les 4h ! Parfois également, ils attaquent
l'opérateur pour non-respect des GTR, et ils perdent systématiquement.
Ca, c'est quand on a 20 ans : on attend que le téléphone sonne, on
passe son temps à courir de partout pour dépanner au plus vite, à s'en
prendre aux fournisseurs et opérateurs qui ne tiennent pas leurs
délais; les clients sont stressés; les techniciens sont stressés; et
tout le monde s'épuise...
Ensuite, avec l'expérience, on apprend à réfléchir. Si l'on fait un
minimum de redondance, avec deux routeurs, deux liens Internet par
deux chemins différents, si possible en technologie différente, deux
onduleurs, tous les éléments d'un serveur doublés voire triplés, en
fait, c'est du gagnant-gagnant pour tout le monde : les pannes
surviennent quand même, mais le client, le plus souvent, ne s'en
aperçoit pas, il ne nous harcèle pas au téléphone, et nous avons tout
loisir pout intervenir et dépanner sans contrainte de délai et sans
stress inutile. Depuis que je bosse de cette façon, je dors bien mieux
:-)
Donc, oui, la résilience est au coeur du métier du technicien, car un
système bien conçu, avec les bonnes redondances sur ce qui tombe
souvent en panne, c'est autant de stress en moins pour ledit
technicien, autant de temps, d'énergie et d'argent économisés.
Toutefois, dans l'enquête actuelle nous cherchons à nous re-centrer
sur le réseau d'accès mobile, qui est l'objet central de notre
recherche - sachant que les autres infrastructures (notamment
électriques) sortent de notre périmètre d'étude et qu'il sera
difficile pour nous de passer en revue et de comprendre les
différents enjeux qui les concernent.
Je comprends qu'il faille cadrer le sujet d'une étude. Cependant,
étudier les pannes de la 4G sans étudier ce qui tombe le plus souvent
en panne (c'est à dire l'énergie et les liens de collecte /
transport), ni les conséquences de ces pannes en situation de crise,
cela me semble constituer un biais important. D'autant plus que c'est
déjà l'erreur qu'ont commise les concepteurs de France THD et du
New-Deal Mobile : dire "La résilience, on verra plus tard" !
J'en profite pour apporter une précision sur ce que Clément entendait
par "rencontrer des ingénieurs et des techniciens de maintenance des
réseaux d'accès mobiles". Nous réalisons des entretiens
semi-directif, c'est-à-dire des discussions ouvertes d'une durée
d'environ 1h avec les personnes volontaires sur le sujet de leurs
expériences dans le domaine de la maintenance. Les entretiens peuvent
être anonymisés dans leurs utilisation futur dans nos recherches et
peuvent être réalisés à distance. N'hésitez pas à nous écrire en
privé si vous souhaitez participer.
Aujourd'hui, je n'interviens plus directement sur les réseaux des les
opérateurs. Je suis infogérant et simplement client d'opérateurs.
Plutôt que de me soucier de leurs pannes et des temps qu'il leur
faudra à rétablir, je prends plusieurs liens chez plusieurs d'entre
eux, en essayant de faire en sorte que tous ne tombent pas en même
temps :-)
Si en revanche vous prévoyez un paragraphe "historique", sur la façon
dont on concevait des réseaux il y a 20 ou 30 ans, bien avant la 2G et
3G, avec des systèmes analogiques tellement simples que nous en avions
honte et nous les cachions dans des boites en bois peintes en noir ou
des malles en alu, alors que des gars en costume débarquaient
d'Angleterre avec leurs camions, leurs chemises siglées et leurs racks
19" sur roulettes :-) Leur usine à gaz, chez nous, marchait à minima.
Alors que nous faisions toujours 100% de couverture. Enfin, 99%. Le
1%, c'est quand le chef n'avait pas voulu installer une redondance en
plus, pour économiser un peu de pognon :-) Parce que le problème de
fond est là : la redondance, ça coute du pognon ! Or, les décideurs,
bien souvent, ne voient que ce que cela leur coûte au départ. Pas ce
que cela peut leur faire économiser, ou perdre, par la suite !
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Liste de diffusion du FRnOG
http://www.frnog.org/
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