Bonjour,

J'ai commencé à rédiger une nouvelle version du chapitre 1 du Livret du
Libre. J'ai essayé de faire quelque chose d'un peu plus objectif
(mentionnant le fait que tous les chercheurs n'ont pas toujours tout
partagé), moins idyllique (plus de "il était une fois ..."), plus
complet (parler des constructeurs d'ordinateurs qui filaient les
logiciels, parler de BSD), moins catégorique (plus de "qui rompt le
principe de ..."), etc...

Ci-joint le nouveau .tex et le diff par rapport à l'ancienne version.

Je suis ouvert à toutes vos remarques, suggestions, idées.

Bonne nuit,

Thomas
--
PETAZZONI Thomas - [EMAIL PROTECTED]
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Index: chap1.tex
===================================================================
RCS file: /cvs/livretlibre/livretlibre/chap1.tex,v
retrieving revision 1.19
diff -u -u -r1.19 chap1.tex
--- chap1.tex   10 Jan 2005 21:48:45 -0000      1.19
+++ chap1.tex   11 Jan 2005 00:08:03 -0000
@@ -1,6 +1,6 @@
 \section{Le Libre : un retour naturel au partage du savoir}
 
-\subsection{Partage du savoir}
+\subsection{Partage des connaissances\dots}
 
 \begin{flushright}
 \textsl{Rien n'appartient à rien, tout appartient à tous.}
@@ -8,88 +8,87 @@
 Alfred de Musset
 \end{flushright}
 
-Le partage du savoir est à la base du développement de la civilisation
-humaine. Le coût d'accès au savoir devient en théorie de plus en plus
-faible grâce au développement des moyens de télécommunication. En
-pratique, des sociétés établissent des barrières pour l'accès au savoir.
-
-Or ce partage naturel du savoir se situe dans la tradition du
-travail scientifique : la communauté scientifique a pour
-objectif l'avancée de son domaine, sans avoir à tenir compte d'une
-application directe, en particulier mercantile. Le partage des
-connaissances est au c\oe{}ur même du progrès de la science, et de la
-construction d'un bien commun.
-
-\subsection{En informatique\dots}
-
-L'informatique était une de ces sciences dans laquelle les chercheurs
-échangeaient librement le code source de leurs programmes. Le code
+Nous savons tous que le carré de la longueur de l'hypothénuse d'un
+triangle rectangle est égale à la somme des carrés des longueurs des
+deux autres cotés. Tous les jours, nous utilisons des objets qui
+existent parce que ce théorème de Pythagore, comme beaucoup d'autres
+théorèmes mathématiques et de découvertes scientifiques sont
+disponibles et utilisables librement. Cet accès libre et ce partage du
+savoir est à la base du développement et du progrès de l'humanité.
+
+Ce partage naturel du savoir se situe dans la tradition du travail
+scientifique. Évidemment, les savants n'ont pas toujours dévoilé
+toutes leurs découvertes, tel Fermat qui n'a pas jugé utile de faire
+part de la démonstration de son fameux théorème. Toutefois, de manière
+générale, la communauté scientifique a pour objectif principal
+l'avancée de son domaine, sans avoir à tenir compte d'une application
+directe, en particulier mercantile.
+
+\subsection{\dots En informatique}
+
+Aux débuts de l'informatique, le développement du logiciel n'était
+qu'une activité annexe pour les constructeurs d'ordinateurs, et les
+logiciels étaient librement diffusés avec leur code source. Le code
 source est la version intelligible et compréhensible par un humain
 d'un programme informatique. Il est écrit dans un langage dit de {\em
-programmation}, connu des programmeurs. Il décrit à l'aide de mots et
-de formules le fonctionnement précis d'un logiciel. Ce code source
-n'est pas directement utilisable par l'ordinateur, il est donc traduit
-en code {\em machine}, ou code {\em exécutable}.
-
-Depuis les débuts de l'informatique, les chercheurs et étudiants
-échangeaient le code source de leurs programmes,
-de manière à ce que tout le monde puisse les étudier et
-les améliorer. La liberté d'utilisation des recherches en
-informatique et des codes sources des programmes était alors totale,
-et peu de chercheurs restreignaient la distribution de leurs résultats
-: rien ne nuisait à la recherche et au progrès de
-la technique.
+programmation} qui décrit à l'aide de mots et de formules le
+fonctionnement précis d'un logiciel. Ce code source n'est pas
+directement utilisable par l'ordinateur, il est donc traduit en code
+{\em machine}, ou code {\em exécutable}.
+
+Grâce à ce code source, les utilisateurs des ordinateurs,
+principalement des chercheurs à l'époque, pouvaient améliorer et
+corriger les logiciels en toute liberté et s'échanger les
+modifications pour permettre à tous d'en bénéficier.
 
 Au début des années 80, cette règle tacite de partage des
-connaissances a changé. Des éditeurs ont commencé à vendre leurs
-premiers logiciels, sans en distribuer le code source : c'est le
-logiciel {\em propriétaire}. Son système social est fondé sur
-l'isolement et la division des utilisateurs :
-
-\begin{itemize}
-
-\item il est livré sans son code source, il est donc impossible pour
-un programmeur de le modifier ou de l'améliorer ce qui rompt le
-principe de liberté ;
-
-\item il a un coût, et engendre donc une forme de discrimination
-supplémentaire par l'argent ce qui rompt le principe d'égalité ;
-
-\item leur copie est le plus souvent illégale, il est interdit d'aider
-son voisin ce qui rompt le principe de fraternité.
-
-\end{itemize}
-
-Si le logiciel propriétaire était un plat cuisiné, il serait
-impossible de connaître sa composition, ni la façon dont il a
-été cuisiné. Il serait bien entendu interdit d'essayer de le
-deviner. Il serait impossible d'améliorer la recette, et il vous
-serait interdit d'en donner un morceau à votre ami qui meurt de faim.
-L'idée de \og privatisation \fg du logiciel, et des autres formes
-d'expression est donc une idée allant à l'encontre du partage des
-connaissances \cite{stallman-whyfree}.
-
-À l'heure actuelle, le grand public utilise en majorité des logiciels
-propriétaires.
+connaissances a changé. La multiplication des ordinateurs et
+l'apparition des ordinateurs personnels a permis la création de
+nouvelles entreprises : les éditeurs de logiciels. Ces entreprises
+n'avaient pour seule activité que la création et la vente de
+logiciels, mais ceux-ci étaient vendus sans leur code source. Ces
+logiciels, dits {\em propriétaires}, sont à l'heure actuelle vendus
+avec la majorité des ordinateurs personnels.
+
+Si l'on fait une analogie avec un plat cuisiné, on peut dire qu'un
+logiciel propriétaire équivaut à un plat dont on ne peut connaître la
+composition ni la façon dont il a été cuisiné. Il serait impossible
+d'essayer de le deviner ou d'améliorer la recette, et il serait
+également d'interdit de partager ce plat cuisiné avec vos amis.
+
+Malgré cette privatisation progressive des connaissances, des
+chercheurs continuaient de publier librement le code source de leur
+programme, par exemple à l'Université de Berkeley aux États-Unis. Mais
+c'est le projet {\em GNU} qui va réellement lancer le concept de {\em
+  Logiciel Libre}.
 
 \subsection{Le projet GNU}
 
-Afin de faire perdurer l'esprit de partage des connaissances, Richard
-M. Stallman\footnote{souvent appelé par ses initiales : RMS}, un
+Richard M. Stallman\footnote{souvent appelé par ses initiales : RMS}, un
 chercheur en informatique au MIT\footnote{Institut de Technologie du
-Massachusetts, États-Unis} décide de quitter son laboratoire en 1984,
-et de se consacrer à l'écriture d'un système informatique complet et
-libre, appelé \og GNU \fg\footnote{acronyme pour \textsl{GNU's Not
-Unix}, \textsl{Gnu N'est pas Unix} en français} \cite{gnu}.
-
-Dans le même temps, Richard M. Stallman crée la Free Software
-Foundation\footnote{Fondation pour le Logiciel Libre en
-français, aussi connu sous l'acronyme FSF} visant à supporter le projet GNU. 
Les premiers travaux de
+Massachusetts, États-Unis}, considère que le logiciel propriétaire est basé sur
+la division des utilisateurs : livré sans son code source, il empêche
+un programmeur de le modifier ou de l'améliorer. Sa copie étant le
+plus souvent illégale, il est interdit d'aider son voisin.
+
+Afin de faire perdurer l'esprit de partage des connaissances, il
+décide de quitter son laboratoire en 1984, et de se consacrer à
+l'écriture d'un système informatique complet et libre, appelé \og GNU
+\fg\footnote{acronyme pour \textsl{GNU's Not Unix}, \textsl{Gnu N'est
+pas Unix} en français} \cite{gnu}. Unix est un type de système
+informatique utilisé à l'époque sur de nombreux
+ordinateurs. L'objectif de GNU est d'être comme Unix, pour être
+rapidement utilisable, mais ce n'est pas Unix, d'où son nom : {\em
+Gnu's Not Unix}.
+
+Pour promouvoir et supporter le projet GNU, il crée en 1985 la Free
+Software Foundation\footnote{Fondation pour le Logiciel Libre en
+français, aussi connu sous l'acronyme FSF}. Les premiers travaux de
 cette fondation sont de définir le concept de Logiciel Libre et de
 rédiger une licence\footnote{document stipulant les conditions
-d'utilisation d'un logiciel} adaptée à sa distribution, la GPL \cite{gpl}
-\footnote{Licence Publique Générale GNU}, fondant ainsi les bases éthiques,
-politiques et juridiques du mouvement du libre.
+d'utilisation d'un logiciel} adaptée à sa distribution, la GPL
+\cite{gpl} \footnote{Licence Publique Générale GNU}, fondant ainsi les
+bases éthiques, politiques et juridiques du mouvement du libre.
 
 %% TODO :  paragraphe à déplacer ailleurs
 %% \section{Le Libre : intérêt collectif et bien commun}

\section{Le Libre : un retour naturel au partage du savoir}

\subsection{Partage des connaissances\dots}

\begin{flushright}
\textsl{Rien n'appartient à rien, tout appartient à tous.}

Alfred de Musset
\end{flushright}

Nous savons tous que le carré de la longueur de l'hypothénuse d'un
triangle rectangle est égale à la somme des carrés des longueurs des
deux autres cotés. Tous les jours, nous utilisons des objets qui
existent parce que ce théorème de Pythagore, comme beaucoup d'autres
théorèmes mathématiques et de découvertes scientifiques sont
disponibles et utilisables librement. Cet accès libre et ce partage du
savoir est à la base du développement et du progrès de l'humanité.

Ce partage naturel du savoir se situe dans la tradition du travail
scientifique. Évidemment, les savants n'ont pas toujours dévoilé
toutes leurs découvertes, tel Fermat qui n'a pas jugé utile de faire
part de la démonstration de son fameux théorème. Toutefois, de manière
générale, la communauté scientifique a pour objectif principal
l'avancée de son domaine, sans avoir à tenir compte d'une application
directe, en particulier mercantile.

\subsection{\dots En informatique}

Aux débuts de l'informatique, le développement du logiciel n'était
qu'une activité annexe pour les constructeurs d'ordinateurs, et les
logiciels étaient librement diffusés avec leur code source. Le code
source est la version intelligible et compréhensible par un humain
d'un programme informatique. Il est écrit dans un langage dit de {\em
programmation} qui décrit à l'aide de mots et de formules le
fonctionnement précis d'un logiciel. Ce code source n'est pas
directement utilisable par l'ordinateur, il est donc traduit en code
{\em machine}, ou code {\em exécutable}.

Grâce à ce code source, les utilisateurs des ordinateurs,
principalement des chercheurs à l'époque, pouvaient améliorer et
corriger les logiciels en toute liberté et s'échanger les
modifications pour permettre à tous d'en bénéficier.

Au début des années 80, cette règle tacite de partage des
connaissances a changé. La multiplication des ordinateurs et
l'apparition des ordinateurs personnels a permis la création de
nouvelles entreprises : les éditeurs de logiciels. Ces entreprises
n'avaient pour seule activité que la création et la vente de
logiciels, mais ceux-ci étaient vendus sans leur code source. Ces
logiciels, dits {\em propriétaires}, sont à l'heure actuelle vendus
avec la majorité des ordinateurs personnels.

Si l'on fait une analogie avec un plat cuisiné, on peut dire qu'un
logiciel propriétaire équivaut à un plat dont on ne peut connaître la
composition ni la façon dont il a été cuisiné. Il serait impossible
d'essayer de le deviner ou d'améliorer la recette, et il serait
également d'interdit de partager ce plat cuisiné avec vos amis.

Malgré cette privatisation progressive des connaissances, des
chercheurs continuaient de publier librement le code source de leur
programme, par exemple à l'Université de Berkeley aux États-Unis. Mais
c'est le projet {\em GNU} qui va réellement lancer le concept de {\em
  Logiciel Libre}.

\subsection{Le projet GNU}

Richard M. Stallman\footnote{souvent appelé par ses initiales : RMS}, un
chercheur en informatique au MIT\footnote{Institut de Technologie du
Massachusetts, États-Unis}, considère que le logiciel propriétaire est basé sur
la division des utilisateurs : livré sans son code source, il empêche
un programmeur de le modifier ou de l'améliorer. Sa copie étant le
plus souvent illégale, il est interdit d'aider son voisin.

Afin de faire perdurer l'esprit de partage des connaissances, il
décide de quitter son laboratoire en 1984, et de se consacrer à
l'écriture d'un système informatique complet et libre, appelé \og GNU
\fg\footnote{acronyme pour \textsl{GNU's Not Unix}, \textsl{Gnu N'est
pas Unix} en français} \cite{gnu}. Unix est un type de système
informatique utilisé à l'époque sur de nombreux
ordinateurs. L'objectif de GNU est d'être comme Unix, pour être
rapidement utilisable, mais ce n'est pas Unix, d'où son nom : {\em
Gnu's Not Unix}.

Pour promouvoir et supporter le projet GNU, il crée en 1985 la Free
Software Foundation\footnote{Fondation pour le Logiciel Libre en
français, aussi connu sous l'acronyme FSF}. Les premiers travaux de
cette fondation sont de définir le concept de Logiciel Libre et de
rédiger une licence\footnote{document stipulant les conditions
d'utilisation d'un logiciel} adaptée à sa distribution, la GPL
\cite{gpl} \footnote{Licence Publique Générale GNU}, fondant ainsi les
bases éthiques, politiques et juridiques du mouvement du libre.

%% TODO :  paragraphe à déplacer ailleurs
%% \section{Le Libre : intérêt collectif et bien commun}

%% Pour construire les biens publics, souvent coûteux et indispensables
%% comme l'eau courante, l'électricité, le tout-à-l'égout ou la voirie,
%% les gens mettent en commun leurs ressources et leurs compétences pour
%% satisfaire à ces besoins. Ce point de vue est totalement respecté par
%% l'éthique du Libre : chacun participe à sa manière pour construire des
%% \oe{}uvres qui pourront être reprises et utilisées par l'humanité toute
%% entière, sans aucune limitation ni dans leur utilisation, ni dans leur
%% adaptation. Le libre est la solution à choisir naturellement pour une
%% \oe{}uvre d'intérêt public et de bien commun. Son application au domaine
%% du logiciel a été simple car un logiciel, contrairement à une voiture
%% par exemple, est un bien immatériel qui peut être reproduit à l'infini
%% à un coût quasi nul.

Attachment: signature.asc
Description: OpenPGP digital signature

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