Bonsoir,

A propos de la disctinction entre logiciel et image, au del� de l'aspect
juridique, il me semble qu'il y a une distinction qui serait �clairante.
C'est celle que fait Bachelard entre concept et image. Pour le dire
vite, il oppose le concept et l'image comme deux p�larit�s (raison et
imagination).

Cela me fait songer que la diff�rence entre un logiciel et une image,
c'est la place qu'y joue la singularit�. On ne signe pas un logiciel
comme on signe une image. Il me semble que signer un logiciel proc�de du
m�me genre d'acte que signer un th�or�me (et je serais assez d'accord
pour dire qu'� la limite un logiciel n'a pas besoin d'ordinateur pour
�tre un logiciel...). Autrement dit, il est tr�s impoli de se pr�tendre
le th�or�me de Pythagore... et pourtant n'importe qui peut le retrouver.
N'importe qui (sans �tre un singe dactylographe) peut repasser dans les
traces de celui qui a programmer proprement. Tandis que j'ai
l'impression que signer une image (ou toute oeuvre d'art) est signer une
oeuvre originale en un tout autre sens. On ne partage pas de la m�me
fa�on ce que d'autres auraient pu faire (le logiciel ou les
math�matiques) et ce que d'autres n'auraient pas pu faire.

De m�me qu'en math�matiques (voir le *th�or�me du perroquet* de Denis
Guedj) personne n'a jamais �t� contraint de donner ce qu'il a fait...
(Trataglia/Cardan etc... et nous en avons un exemple r�cent avec le
travail de Wiles sur Fermat qui a gard� le secret de ses recherches
quasiment jusqu'au bout), on peut bien penser que l'on est libre de
partager ou pas ce que l'on fait. Mais il me semble quand m�me que ce
n'est pas la m�me libert� en ce qui concerne l'image et le logiciel.
Sans doute para�trais-je odieusement id�aliste mais je sens confus�ment
que l'on *doit* les concepts aux autres (parce qu'ils sont aussi � eux.
Ce n'est pas que ce soit bien de leur donner... mais c'est mal de ne pas
le faire (ou dans le cas des brevets de chercher des moyens de les
emp�cher de le faire). Tartaglia ou Hippase de Metaponte sont des
tra�tres qui nous sont furieusement sympathiques :-) A l'inverse, la
libert� de l'artiste me semble bien diff�rente. Quel devoir y aurait-il
� donner ce qui semble relever de la pure singularit� ?

Pour revenir � la question du rapport de la GPL aux Creative Commons, ce
qui rel�ve du concept ou de l'image me semble �clairant pour distinguer
ce qui est universel (m�me si d�couvert singuli�rement) et ce qui est
l'expression du singulier. Nos communs ne sont pas communs dans le m�me
sens. Nous *partageons* la science autrement que l'art, suivant des
logique d'appropriation ou de d�sappropriation qui me semble diff�rente.

Bien cordialement
Fran�ois Elie




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