Loic Dachary a �crit : > Manuel Leclerc writes: > > > Je trouve �tonnant qu'un juriste fasse ce genre de contre-sens. > > A mon humble avis, c'est plus d� � un probl�me de traduction > > matin�e d'une certaine dose d'incomp�tence qu'� l'emploi des > > mots "dois" et "oblige". > > S'ils avaient lu la licence sans avoir connaissance de la > l�gende qui gravite autour du mot "viral", ils n'auraient pas pu > aboutir � cette conclusion ... parce que rien dans le texte de la > licence ne permet d'y parvenir. La seule facon d'arriver � leur > conclusion est de chercher dans la licence la justification d'une > pr�tendue "viralit�" de la GNU que dont on aurait entendu parler > avant d'analyser la licence. Bien sur, une mauvaise compr�hension > de l'anglais aide � d�couvrir dans un texte ce qui ne s'y trouve > pas ;-)
Ce qu'on appelle "viralit�", c'est l'effet copyleft, et �a n'a rien d'une l�gend, c'est dans le texte. Que ce monsieur se soit compl�tement plant� en lisant l'original ou une mauvaise traduction est regrettable, (et franchement �tonnant de la part d'un professionnel...) J'ai l'impression qu'on lui a bourr� le mou et qu'il n'a pas v�rifi� un minimum. Ca ne va pas m'emp�cher ni de dormir ni d'utiliser un mot plut�t qu'un autre. > > L'utilisation de La notion d'oeuvre d�riv�e (au sens que/FSF), > > aboutit � ce que l'utilisation d'une librairie que (dont on n'a > > pas chang� une seule ligne) dans un logiciel propri�taire oblige � > > licencier le tout en que si on veut pouvoir distribuer l�galement. > > Non. M�me en l'absence d'oeuvre d�riv�e, la licence peut > s'appliquer en raison de restrictions sur le droit de *distribution* > de l'oeuvre. > Il est interdit de distribuer une oeuvre sous GNU que > lorsqu'elle fait partie d'une oeuvre propri�taire. Le droit de > distribution est soumis � conditions, on a tendance � l'oublier. > C'est ce qui fait, d'ailleurs que des gens se prennent incroyablement > la t�te sur la notion d'oeuvre d�riv� dans l'espoir d'�chapper � des > restrictions qui sont en fait li�es au droit de distribution. Ce paragraphe m'a rappel� un post du Saint Homme qui m'avait laiss� profond�ment perplexe � l'�poque. http://lists.debian.org/debian-legal/2004/05/msg00379.html <quote> Copyright also covers use of a work as part of a larger combined work. </quote> Et �a vient tout droit de la GPL : "the intent is to exercise the right to control the distribution of derivative or collective works based on the Program." Ca continue � me laisser perplexe. Quels sont donc ces objets �tranges appel�s "collective works based on the Program" et "larger combined work" ? JNSPA, mais pour le copyright US, je crois qu'il n'y a qu'une seule notion : le collective work "tout court". La GPL fait une distinction entre deux "types" de collective work - "mere aggregation" et il y a alors autorisations explicite de distribution quelles que soient les licences du collective work et de chacune des oeuvres. - "based on the Program" et l'autorisation de distribution n'est donn�e qu'� condition que l'ensemble soit sous GPL. Cette distinction est un �pouvantable sac de noeud, un genre de bombe � retardement, une source de threads Slashdot passant les 5000 posts. Quand quelqu'un de la FSF rappelle cette histoire de distribution de "combined work", m�me quand il n'y a pas d'oeuvre d�riv�e, je ne peux que faire des yeux ronds et me demander exactement o� il veut en venir. En _attendant_, je continue � penser que le point important est le "derived work", pas le "collective work" vu que j'ai un peu de mal � comprendre le concept "ce n'est pas une oeuvre d�riv�e mais c'est based on the Program, variante "use of a work as part of" C'est une nouvelle mani�re de penser tout ce qui touche aux histoires de link ? > > Si nous parlons de la composante "client" d'un logiciel > > client/serveur, c'est �galement tous les modules serveurs qui > > devront passer en GPL (si on veut pouvoir distribuer l�galement). > > Ou utiliser un autre logiciel qui n'est pas sous GNU GPL. C'est quand m�me assez �trange ce genre de remarque... Moi : voici les cons�quences si j'utilise un soft GPL Toi : tu peux utiliser un autre soft. Oui, et 2+2=4, aussi. > > Quand on regarde le fait de d�part (l'utilisation d'une API dans le > > client) et le r�sultat � l'arriv�e (tout le bouzin sous GPL, par > > propagation du couplage fort, dont le link n'est qu'un exemple), on > > est quand m�me en droit d'utiliser divers verbes et adjectifs (dont > > "oblige" et "virale" au hasard) pour qualifier l'op�ration, m�me si > > �a �corche certaines oreilles. > > Je penses que tu comprends aussi que ces mots entra�nent > des incompr�hensions majeures. Pour en revenir au cas des juristes > cit� plus haut, je pense qu'il serait na�f d'imputer leurs > conclusions � la seule d�duction logique d�coulant d'une erreur de > traduction. Si encore cette conclusion erron�e �taient originale, > je ne dis pas. Mais leur conclusion erron�e �tant exactement celle > que propage la l�gende de la "viralit�", le doute n'est pas permis. > Si on peut �viter ces incompr�hensions en utilisant une autre > formulation tout � fait �quivalente, pourquoi s'en priver ? Je ne sais pas de quelle "l�gende de la viralit�" tu parles. S'il s'agit d'une th�orie selon laquelle utiliser un bout de code GPL quelque part fait automatiquement "passer" en GPL je ne sais quel autre bout de code n'ayant aucun rapport, le tout sans m�me l'accord de l'auteur du code en question, je suis d'accord pour dire que c'est du grand n'importe quoi, cat�gorie grotesque. De toute fa�on, �a ne veut rien dire, pour commencer. Personnellement, je n'avais jamais rencontr� quelqu'un soutenant ce type d'id�e. Le fait que �a puisse exister me semble sans importance. Tu peux toujours trouver des gens qui vont avoir une interpr�tation d�lirante (volontaire ou non...) de plein de choses. S'il fallait � chaque fois renoncer aux mots qu'ils emploient, on n'en sortirait pas. Maintenant pour ce qui est de la r�alit� (l'effet copyleft), c'est quoi exactement "la formulation tout � fait �quivalente" qu'il faut employer ? > > Je veux bien entendre qu'au final "personne n'est oblig� � rien" > > et qu'h�r�ditaire est un adjectif qui pourrait convenir aussi... > > > > SAUF QUE > > > > 1) pour le coup du "pas oblig�", je constate que chaque fois > > qu'on me parle d'un succ�s judiciaire � propos de la GPL, > > c'est pour apprendre que le "coupable" a finalement accept� > > de faire ce qu'il fallait. Mais il n'�tait pas "oblig�", bien > > entendu... > > Absolument. > > Mis face � sa violation du droit d'auteur, on donne toujours > le choix au contrefacteur de ne plus utiliser du tout le logiciel OU > de se conformer � la licence. Et on ne lui demande pas d'argent pour > ses b�tises pass�es. Il s'av�re que la grande majorit� choisit > (j'insiste) d'accepter les conditions de la licence. Mais ce n'est > absolument pas parce qu'ils n'ont pas le choix. Tu reproches l'usage de "oblige" quand on discute de l'utilisation d'un soft GPL, et quand j'illustre, tu ne sais r�pondre que par "oui, mais on peut cesser d'utiliser le soft". Je ne vois DONC pas un picogramme d'argument qui me conduirait � ne plus dire "oblige" en parlant de la GPL. Puisque je vois que nous avons un petit peu de mal � nous comprendre, je te rappelle que RMS d�conseille d'utiliser certaines versions anciennes de la licence BSD parce qu'elles comportent une clause p�nible sur je ne sais plus quoi (advertising machin bidule) Imagines RMS disant : "si vous distribuez votre soft sous cette licence, ceux qui voudront distribuer une version modifi�e seront oblig� de [machin bidule], c'est pas pratique, toussa". Et la r�ponse : "Mr RMS, s'il vous pla�t, ne parlez pas d'obligation � propos de cette licence, elle ne vous oblige � rien, vous propager des l�gendes". Nous voil� bien avanc�. > Mettons cela en regard d'une violation de licence > propri�taire. La contrefa�on �tant av�r�e il n'y a plus de choix : > il faut payer l'auteur et parfois se voir en plus interdire > d'utiliser le logiciel. Je ne vois pas en quoi les �ventuelles diff�rences de traitements des contrefacteurs changent quoi que ce soit aux obligations de ceux qui tiennent � respecter la loi ! > > 2) H�r�dit� pour "je fais quelques call � une librairie et > > une r�action en cha�ne se d�clenche", je trouve que c'est > > un mot inappropri�, qu'on utilise quand on veut masquer � > > l'auditoire ce qui se passe vraiment. > > Je ne suis pas pour l'utilisation du mot h�r�dit� non plus > donc je ne vais pas le d�fendre ;-) Mais alors, quel adjectif fran�ais pour les licences � effet copyleft ? > La phrase en guillemet est particuli�rement > int�ressante. Mettons que je la place dans le contexte d'un > d�veloppeur fabriquant son logiciel dans un environnement purement > propri�taire. Quelles serait cette "r�action en cha�ne" ? Je suppose > que cela voudrait dire dans ce cas qu'on serait "oblig�" Parler des obligations li�es � la GPL ne devient pas curieux ou incorrect sous pr�texte que d'autres licences ont d'autres obligations. > de distribuer le logiciel d�velopp� en achetant une licence de > la librairie. Curieusement personne n'a jamais song� � qualifier > cela de "viralit�". On n'emploie pas le terme de viralit� � /chaque/ foi qu'on est tenu de respecter la loi, un contrat, ou une licence. On parle de "viralit�" parce qu'une certaine propri�t� significative se retrouve propag�e par une sorte de contact, rempla�ant une propri�t� d'origine (si on accepte la licence, si on distribue, etc. je sais qu'on n'est pas _oblig�_, piti�...) L'effet viral, c'est comme quand tu m�langes deux couleurs. Sans viralit�, du jaune et du bleu, �a donne du vert. Avec viralit� du jaune et du bleu, �a donne du bleu. Si tu n'aimes pas trop "licence h�r�ditaire", peut �tre appr�cieras tu "licence colorante" ? <humour gras> j'ai pas utilis� le rouge, tu noteras. </humour gras> > La quasi int�gralit� des logiciels Java "obligent" � conclure un > contrat avec Sun Microsystems pour pouvoir les utiliser > mais personne ne semble se soucier de cette "viralit�". ??? Que dois-je faire de sp�cial si je veux "utiliser un logiciel Java" ? > Ce que je veux souligner c'est que tu sembles justifier > l'utilisation du mot "viralit�" ou de "obligation" sur des > arguments que tu crois sp�cifiques aux logiciels sous GNU GPL > mais qui ne le sont pas. Bof, tu pourrais aussi bien me dire qu'un certain inconv�nient d'une interdiction n'est pas sp�cifique � cette interdiction, vu que dans toute les interdictions, il y a quelque chose d'interdit. Ca ne m'int�resse pas de discourir des heures sur le fait qu'au fond la GPL est comparable � toutes les autres licences en ce sens que comme les autres licences, la GPL est une licence. Je parle de viralit� et d'obligations � propos du _contenu_ de la GPL, en tant que licence particuli�re, comme dans la phrase "ce logiciel est sous licence GPL", par opposition � "ce logiciel est sous licence. Ha bon ? Laquelle ?" > [...] > En conclusion, l'appel de librairie ne d�clenchera > jamais aucune r�action en cha�ne. Si tu fait ces appels tu peux > te retrouver en situation de ne plus pouvoir distribuer le r�sultat > de ton travail parce que tu as cr�e une impossibilit� l�gale. Impossibilit� l�gale qui se r�sout alors en analysant la cha�ne des couplages forts au sein du logiciel pour d�terminer la liste de tout ce qui doit passer en GPL, y compris je ne sais quel composant �crit il y a 5 ans pour un autre progiciel mais utilis� aujourd'hui dans un module serveur, lequel module dialogue par ailleurs avec un composant client link� avec la librarie GPL. C'est ce que j'ai appel� la r�action en cha�ne, terme que je trouve _parfaitement_ adapt�. Autre solution : renoncer � utiliser la librairie. En gros, tu me dis qu'il n'y a pas de r�action en cha�ne, mais si je veux pouvoir distribuer, il y en a bel et bien une. Si tu me r�ponds "mais tu n'es pas oblig� de distribuer", je vais devenir nerveux. > C'est une cons�quence imm�diate, seulement imputable � l'oubli > de v�rifier si la licence de la librairie que tu utilises est > compatible avec la licence sous laquelle tu envisages de distribuer > ton logiciel. Il y a deux choses : 1) Si tu ne veux pas distribuer ton logiciel sous GPL, tu n'utilises pas de librairie sous GPL et 2) Si tu veux utiliser une librairie GPL, tu dois distribuer ton logiciel sous GPL. Je n'ai rien compris � tes histoires de cons�quence imm�diate seulement imputable � l'oubli patin couffin. > Si tu as de la chance, il te suffit de changer la licence du > logiciel que tu as cr�� pour d�faire le noeud. Mais si ton > logiciel d�pend d'une librairie propri�taire et d'une librairie > sous GNU GPL, tu es tout simplement coinc� et la seule issue > est de te s�parer de l'une ou de l'autre. Et si la librairie GPL est en fait sous n'importe quelle autre licence libre sans effet copyleft, je ne suis _pas_ coinc� et je ne s�pare _rien_ du tout, vu qu'il n'y a plus d'effet viral et que jouer sur les mots ne change pas la r�alit�. -- > Tu prends un programme sous licence BSD. Je me disais bien que �a sentait le troll BSD vs GPL. Je vois que tu adh�res aux id�es de Microsoft. --fabb _______________________________________________ Liste de discussion FSF France. http://lists.gnu.org/mailman/listinfo/fsfe-france
